{"id":1609,"date":"2018-02-01T12:04:24","date_gmt":"2018-02-01T11:04:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1609"},"modified":"2018-02-01T12:18:36","modified_gmt":"2018-02-01T11:18:36","slug":"la-representation-de-lindien-dans-le-western-hollywoodien-classique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1609","title":{"rendered":"\u00a0\u00a0La repr\u00e9sentation de l\u2019indien dans le western hollywoodien classique"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><b>Politique&nbsp; des acteurs &nbsp;<\/b><\/p>\n<p>Ces quelques propos qui reprennent et d\u00e9veloppent un travail personnel&nbsp; publi\u00e9 en anglais aux Etats Unis (<b>Racism in<\/b> <b>the Western<\/b>, Revisionis Press, New York,&nbsp; 1981) ne sont que de simples r\u00e9flexions sur un sujet tr\u00e8s vaste et complexe qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abondamment explor\u00e9. On se bornera \u00e0 citer le remarquable travail de Mathieu Lacque-Labarthe&nbsp;<b>Les Indiens dans le cin\u00e9ma am\u00e9ricain<\/b>, Presses Universitaires de Paris, 2013) qui repr\u00e9sente la somme de ce que l\u2019on peut \u00e9crire sur le sujet. Il nous a n\u00e9anmoins paru que certaines des conclusions de la pr\u00e9sente&nbsp; \u00e9tude ne sont pas n\u00e9cessairement redondantes par rapport \u00e0 d\u2019autres \u00e9crits et que le lien entre le choix de l\u2019acteur et le personnage historique qu\u2019il incarne n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 suffisamment soulign\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><!--more--><\/p>\n<p>Il aura&nbsp; fallu attendre <i>Dances with wolves<\/i> (<i>Danse avec les loups<\/i>) de Kevin Costner en 1990 pour voir enfin des r\u00f4les d\u2019indiens enti\u00e8rement interpr\u00e9t\u00e9s par des Am\u00e9rindiens.(1)<\/p>\n<p>L\u2019Indien (ou Native American pour s\u2019en tenir \u00e0 la terminologie contemporaine) occupe une place centrale dans le Western, et ce depuis le d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle. Mais la tradition qui s\u2019est maintenue jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode post hollywoodienne de faire jouer \u00e0 des acteurs blancs les r\u00f4les d\u2019Indiens, m\u00eame dans les films ouvertement favorables \u00e0 leur cause &nbsp; <i>(Tell them Willie Boy is here<\/i> d\u2019Abraham Polonski, 1969) a banni presque totalement les acteurs de ce&nbsp; groupe ethnique de l\u2019\u00e9cran en dehors de la simple figuration.<\/p>\n<p>Une des questions qu\u2019on peut se poser \u00e0 partir de ce constat am\u00e8ne d\u2019abord \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la charge symbolique de ce choix. Les acteurs incarnant des Indiens \u00e0 l\u2019\u00e9cran ont-ils \u00e9taient choisis en fonction de leur ressemblance pr\u00e9sum\u00e9e avec les hommes et femmes de ce peuple, ou bien sur d\u2019autres crit\u00e8res moins avouables&nbsp;?<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage d\u2019Allen Eyles, <i>The Western, an illustrated guide<\/i>, (1967) offre quelques \u00e9claircissements \u00e0 cet \u00e9gard. Classement alphab\u00e9tique des acteurs, metteurs en sc\u00e8ne et techniciens qui ont travaill\u00e9 sur ce genre il pr\u00e9sente un certain nombre d\u2019acteurs blancs ayant interpr\u00e9t\u00e9 des r\u00f4les d\u2019Indiens&nbsp;:<\/p>\n<p>Acosta (Rodolfo)&nbsp;: One of the screen most familiar Indians (\u2026) He has appeared in Hollywood films since 1950 (\u2026) <i>usually cast among the villains<\/i>. ( Un des Indiens les plus connus \u00e0 l\u2019\u00e9cran, jouant habituellement des r\u00f4les de m\u00e9chants\/durs)<\/p>\n<p>De Cova (Frank): <i>In his Westerns a specialist at playing Indians<\/i>. (<i>Some Spanish-Mexicans,<\/i> too) : Dans ses westerns un sp\u00e9cialiste des r\u00f4les d\u2019indiens \u2026et de Mexicains \u00e9galement.<\/p>\n<p>&nbsp;NDRL&nbsp;: De Cova \u00e9tait un acteur italo-am\u00e9ricain qui joua aussi des r\u00f4les de <i>maffieux<\/i> \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Mac Donald (Ian): <i>He has been an Indian and a villain in numerous Westerns<\/i>. (Il a interpr\u00e9t\u00e9 un Indien ou un m\u00e9chant dans de nombreux westerns)<\/p>\n<p>Palance (Jack): His performance as the quiet, sinister killer Wilson in <i>Shane<\/i> (L\u2019homme des vall\u00e9es perdues), established him as a notable new <i>heavy<\/i>. (Son interpr\u00e9tation du tueur sinistre et silencieux dans <i>Shane<\/i>&nbsp; fit de lui un remarquable nouveau dur) Palance joue le r\u00f4le du fils d\u2019un chef Apache dans <i>Arrowhead<\/i><\/p>\n<p>Quinn (Anthony)&nbsp;: His first role was a gangster, his second a Cheyenne Indian in De Mille\u2019s <i>The Plainsman<\/i> (Une aventure de Buffalo Bill), both types of parts he repeated many times over the years\u201d. (Son premier r\u00f4le fut celui d\u2019un gangster, son second celui d\u2019un Indien Cheyenne&nbsp; il devait reprendre ces deux types de r\u00f4les de nombreuses fois au fil des ans)<\/p>\n<p>Un autre ouvrage datant de la m\u00eame \u00e9poque <i>The heavies<\/i>) d\u2019Elisabeth et Ian Cameron (Studio Vista, London, 1962) fournit encore quelques compl\u00e9ments d\u2019information.<\/p>\n<p>Dressant une liste de tous les acteurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans les r\u00f4les de durs et de m\u00e9chants dans le cin\u00e9ma am\u00e9ricain hollywoodien (1930-1960), il mentionne les noms pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9s plus quelques autres qui rel\u00e8vent de la m\u00eame filiation tels Robert Wilke et Adam Williams qui interpr\u00e8tent des r\u00f4les d\u2019indiens dans <i>The Hallelujah Trail<\/i> de de John Sturges.&nbsp; Mais c\u2019est la notule consacr\u00e9 \u00e0 Charles Bronson qui est la plus \u00e9difiante&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;He also looks as much like an Indian as anyone else who plays them. He had an Indian period in the mid-fifties\u201d (Il ressemble autant \u00e0 un indien que n\u2019importe lequel de ceux qui en ont jou\u00e9. Il a eu une p\u00e9riode indienne au milieu des ann\u00e9es cinquante)<\/p>\n<p>Bronson a camp\u00e9 on s\u2019en souvient un \u00e9tonnant Captain Jack dans le beau western de Delmer Daves <i>Drum beat<\/i> (<i>L\u2019aigle solitaire<\/i>,1953)consacr\u00e9 au chef Modoc qui offrit une r\u00e9sistance farouche aux envahisseurs blancs. Il fut aussi un Apache humili\u00e9 par les blancs et qui se venge avec une f\u00e9rocit\u00e9 implacable contre ceux qui ont viol\u00e9 sa femme et tu\u00e9 son ami dans <i>Chato\u2019s land<\/i>&nbsp; ( Les Collines de la Terreur) Michael Winner, 1972)<\/p>\n<p>Boris Karloff qui fut l\u2019interpr\u00e8te de la cr\u00e9ature du docteur Frankenstein dans la trilogie mythique des ann\u00e9es trente (<i>Frankenstein,<\/i> <i>Bride of Frankenstein, <\/i>Son of Frankenstein<i>) <\/i>et qui se sp\u00e9cialisa dans les r\u00f4les de monstres ou de personnages troubles et mena\u00e7ants, fut un chef S\u00e9n\u00e9ca particuli\u00e8rement inqui\u00e9tant dans<i> Unconquered<\/i> (Les conqu\u00e9rants d\u2019un nouveau monde, Cecil B de Mille, 1947).&nbsp;<\/p>\n<p>Dans un domaine un peu diff\u00e9rent, mais tout aussi significatif quant \u00e0 la manipulation subliminale signalons l\u2019acteur Hank Worden sp\u00e9cialis\u00e9 chez John Ford dans des r\u00f4les de simples d\u2019esprit (<i>La Prisonni\u00e8re du d\u00e9sert<\/i> entre autres) qui incarne l\u2019indien Poor Devil (Pauvre diable) dans le western de Howard Hawks (<i>The big<\/i> <i>sky<\/i>\/La captive aux yeux clairs)<\/p>\n<p>Confier syst\u00e9matiquement des r\u00f4les d\u2019indiens \u00e0 des acteurs \u00e0 l\u2019image de dur, de voyou ou de ben\u00eat,&nbsp; n\u2019est pas innocent, le spectateur fera tout naturellement&nbsp; le lien entre&nbsp; brutalit\u00e9,&nbsp; violence, stupidit\u00e9 et le monde de l\u2019Indien. &nbsp;<\/p>\n<p>On aboutit parfois \u00e0 des situations surr\u00e9alistes quant au lien entre l\u2019origine ethnique de l\u2019acteur\/actrice et le personnage qu\u2019il\/elle est cens\u00e9 repr\u00e9senter.<\/p>\n<p>Dans le film d\u2019Edward Dmytrick&nbsp; <i>Broken Lance<\/i> (La lance bris\u00e9e, 1954) un riche propri\u00e9taire a \u00e9pous\u00e9 une indienne si bien que la plupart de ses amis ne lui rendent plus visite. Les quelque uns qui lui sont rest\u00e9s fid\u00e8les affectent de prendre cette femme pour une mexicaine et l\u2019appellent se\u00f1ora. L\u2019actrice qui joue le r\u00f4le de la femme du rancher est Katy Jurado, elle est non seulement blanche mais mexicaine. A l\u2019\u00e9cran c\u2019est une indienne que certains font semblant de consid\u00e9rer comme une mexicaine, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est une mexicaine que les spectateurs acceptent de prendre pour une indienne&nbsp;!<\/p>\n<p>Dans les deux cas n\u00e9anmoins appartenir \u00e0 la race indienne est un s\u00e9rieux handicap, dans le film ses trois beaux fils et les amis de son mari la m\u00e9prisent pour \u00eatre une Comanche et dans le monde hollywoodien son r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 une blanche car les pr\u00e9jug\u00e9s de l\u2019\u00e9poque emp\u00eachaient de le confier \u00e0 une \u00ab&nbsp;native American&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Le film se veut un pamphlet anti raciste, ce qu\u2019il est indubitablement, mais en m\u00eame temps il fonctionne \u00e0 partir des clich\u00e9s les plus r\u00e9ducteurs que l\u2019Usine \u00e0 r\u00eaves n\u2019a cess\u00e9 de r\u00e9pandre.<\/p>\n<p>Il est arriv\u00e9 cependant qu\u2019un acteur indien se soit vu offrir de jouer un personnage important et en particulier un grand chef de guerre (selon l\u2019optique hollywoodienne l\u2019indien male est forc\u00e9ment un guerrier). Nous verrons qu\u2019encore une fois il y a manipulation du spectateur quant au choix du personnage historique et surtout de la race de l\u2019acteur qui l\u2019interpr\u00e8te.<\/p>\n<p>Essayons de voir quels sont les grands chefs le plus souvent montr\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cran et par qui ils ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9s. L\u2019\u00e9chantillonnage portera essentiellement sur les ann\u00e9es dix-neuf cent quarante et cinquante, \u00e2ge d\u2019or du Western classique.<\/p>\n<p><b>Geronimo&nbsp;<\/b><\/p>\n<p><i>Stagecoach<\/i> (La chevauch\u00e9e fantastique, John Ford, 1939) Chief White Horse (indien)<\/p>\n<p><i>Geronimo<\/i> (Paul Sloane, 1940) Chief Thunder Cloud (indien)<\/p>\n<p><i>Valley of the sun <\/i>( La vall\u00e9e du soleil (2)George Marshall, 1942, Tom Tyler( blanc)<\/p>\n<p><i>I killed Geronimo<\/i>(J\u2019ai tu\u00e9 Geronimo, Jerry Hoppman, 1950) Chief Thunder Cloud&nbsp;<\/p>\n<p><i>Broken arrow<\/i> (La fleche bris\u00e9e, Delmer Daves, 1950) Jay Silverheels (indien)<\/p>\n<p><i>The last outpost<\/i> (le dernier bastion) L.R. Poster, 1951, War Eagle (indien)<\/p>\n<p><i>The battle at Apache Pass <\/i>(Au m\u00e9pris des lois), G. Sherman, 1952, Jay Siverheels<\/p>\n<p><i>Indian uprising<\/i> ( derniers jours de la nation Apache) R.Nazzaro, Miguel Inclan (blanc)<\/p>\n<p><i>The savage <\/i>(Le fils de Geronimo) G. Marshall, 1952, Chief Yowlachie (indien)<\/p>\n<p><i>Taza son of Cochise<\/i>, (Taza fils de Cochise) D. Sirk, 1954, Ian Mc Donald (blanc)<\/p>\n<p><i>Apache<\/i>, Robert Aldrich, 1954, Monte Blue (blanc)<\/p>\n<p><i>Walk he Proud Land <\/i>,00Jesse Hibbs, 1956, Jay Siverheels<\/p>\n<p><i>Geronimo, <\/i>Arnold Laven, 1962, Chuck Connor (blanc) <i>&nbsp;<\/i><\/p>\n<p><b>Cochise<\/b><\/p>\n<p><i>Valley of the sun<\/i> ( La vall\u00e9e du soleil) 1942 George Marshall, Antonio Moreno (blanc)<\/p>\n<p><i>Fort Apache<\/i> (Le massacre de Fort Apache), 1950, John Ford, Miguel Inclan (blanc)<\/p>\n<p><i>Broken arrow<\/i>( La fl\u00e8che bris\u00e9e), Delmer Daves, 1950, Jeff Chandler (blanc)<\/p>\n<p><i>The battle at Apache Pass<\/i> (Au m\u00e9pris des lois), 1952, George Sherman, Jeff Chandler&nbsp;(blanc)<\/p>\n<p><i>Conquest of Cochise<\/i>, William Castle, 1953, John Hodiak (blanc)<\/p>\n<p><i>Taza son of Cochise<\/i> (Taza fils de Cochise), Douglas Sirk, 1954, Jeff Chandler (blanc)<\/p>\n<p><b>Sitting Bull<\/b><\/p>\n<p><i>The great Sioux uprising <\/i>(L\u2019aventure est \u00e0 l\u2019ouest), Llyod Bacon, 1953, Carol Naish,&nbsp;(blanc)<\/p>\n<p><i>Fort Vengeance<\/i> , (Les tuniques rouges), Leslie Selander,1953, Michael Granger,&nbsp;(blanc)<\/p>\n<p><i>Sitting Bull<\/i>, Sidney Salkow, 1954, Carol Naish (blanc)<\/p>\n<p><i>Custer of the west<\/i> ( Custer l\u2019homme de l\u2019ouest), Robert Siodmak, 1967, Kieron Moore&nbsp;(blanc)<\/p>\n<p><b>Crazy Horse<\/b><\/p>\n<p><i>They died with their boots on<\/i> (La charge fantastique), Raoul Walsh, 1942, Anthony&nbsp;Quin (blanc)<\/p>\n<p><i>The great Sioux massacre <\/i>(Le massacre des Sioux), Sidney Salkow, 1953, Iron Eyes&nbsp;Cody (indien)<\/p>\n<p><i>Sitting Bull<\/i>, Sidney Salkow, 1954, Iron Eyes Cody (indien)<\/p>\n<p><i>Chief Crazy Horse<\/i> ( Le grand chef), George Sherman, 1955, Victor Mature (blanc)<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose qui frappe dans ce relev\u00e9, c\u2019est l\u2019omnipr\u00e9sence de G\u00e9ronimo&nbsp; par rapport aux autres chefs historiques. Il apparait treize fois contre six fois Cochise et quatre fois Sitting Bull et Crazy Horse. Le second point qui attire l\u2019attention c\u2019est l\u2019origine ethnique des acteurs qui incarnent ces personnages&nbsp;: G\u00e9ronimo est incarn\u00e9 huit fois sur treize par un indien,(3) Crazy Horse deux fois sur quatre alors que Cochise et Sitting Bull ne sont jamais jou\u00e9s par un acteur am\u00e9rindien. Ces faits ne sont pas anodins, ils recouvrent une r\u00e9alit\u00e9 historique qui t\u00e9moigne de l\u2019ancrage dans l\u2019imaginaire am\u00e9ricain d\u2019un certain nombre de donn\u00e9es subliminales. La peur qu\u2019a engendr\u00e9 l\u2019Apache tout au long de l\u2019histoire des Etats Unis, son image de sauvage sanguinaire et d\u2019adversaire implacable de l\u2019homme blanc explique sans doute que le plus d\u00e9termin\u00e9 d\u2019entre eux, celui qui s\u2019est oppos\u00e9 jusqu\u2019au bout aux Am\u00e9ricains ait \u00e9t\u00e9 si souvent incarn\u00e9 par un indien. Sa pr\u00e9sence mena\u00e7ante, le r\u00f4le n\u00e9gatif qui lui est syst\u00e9matiquement d\u00e9volu, la traitrise et la perfidie constante qui marquent ses apparitions cin\u00e9matographiques justifient dans une Am\u00e9rique encore profond\u00e9ment marqu\u00e9e par une id\u00e9ologie raciste le choix d\u2019un acteur&nbsp; indien pour l\u2019incarner.&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;Par contre le fait que Cochise, un autre chef de guerre Apache ait toujours \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par un blanc provient de l\u2019image positive qu\u2019il a constamment&nbsp; v\u00e9hicul\u00e9, guerrier redoutable certes mais ouvert \u00e0 la discussion, aux tentatives de conciliation avec les blancs, et connu pour son respect de la parole donn\u00e9e. (Un comt\u00e9 de l\u2019\u00e9tat d\u2019Arizona porte son nom, hommage rarissime dans l\u2019histoire am\u00e9ricaine).<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas par hasard aussi que Sitting Bull \u00e0 l\u2019\u00e9cran soit interpr\u00e9t\u00e9 par un acteur blanc. Il est l\u2019image m\u00eame du chef prestigieux qui vainquit le g\u00e9n\u00e9ral Custer \u00e0 la bataille du Little Big Horn et \u00e0 ce titre m\u00e9rite la consid\u00e9ration accord\u00e9e \u00e0 un ennemi exceptionnel.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Crazy Horse interpr\u00e9t\u00e9 soit par un indien soit par un blanc, cela provient indubitablement de l\u2019image ambivalente qui est la sienne dans la culture populaire am\u00e9ricaine&nbsp;: un chef de guerre redoutable \u2013 bras droit de Sitting Bull, mais \u00e9galement un homme d\u00e9sireux de faire la paix avec les blancs comme en t\u00e9moigne sa reddition apr\u00e8s l\u2019ultime combat contre Custer.<\/p>\n<p>Luc Moullet dans cet ouvrage provocateur et passionnant&nbsp;: Politique des Acteurs a bien montr\u00e9 comment la carri\u00e8re de certains grands acteurs hollywoodiens (Gary Cooper, Cary Grant, John Wayne, James Stewart) r\u00e9v\u00e8le des obsessions th\u00e9matiques r\u00e9currentes. Il en est de m\u00eame nous semble-t-il dans le choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 d\u2019un certain type d\u2019interpr\u00e8tes pour incarner des am\u00e9rindiens \u00e0 l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n<p>&nbsp;(1) Nous parlons l\u00e0 du cin\u00e9ma commercial et grand public, il y eut quelques films \u00e0 caract\u00e8re ethnologique enti\u00e8rement interpr\u00e9t\u00e9 par des indiens auparavant.&nbsp;<\/p>\n<p>(2) Commentaire \u00e9difiant \u00e0 lire sur TVclassik&nbsp;: \u00ab&nbsp;ceux qui appr\u00e9cient l\u2019humour involontaire auront de quoi \u00eatre pli\u00e9 en deux, notamment lors des s\u00e9quences dans le camp indien, Tom Tyler en Geronimo m\u00e9ritant \u00e0 lui tout seul le coup d\u2019\u0153il&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>(3) Il est \u00e0 noter que la seule fois o\u00f9 Geronimo a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re positive, il \u00e9tait interpr\u00e9t\u00e9 par un acteur blanc&nbsp;: Chuck Connor dans le film d\u2019Arnold Laven ( 1962)<\/p>\n<hr>\n<p><em>t\u00e9l\u00e9charger la fiche<\/em>&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/La-repr\u00e9sentation-de-l-indien.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1599\" src=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf-297x300.png\" alt=\"\" width=\"71\" height=\"72\" srcset=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf-297x300.png 297w, http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf-150x150.png 150w, http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf.png 507w\" sizes=\"auto, (max-width: 71px) 100vw, 71px\" \/><\/a>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Politique&nbsp; des acteurs &nbsp; Ces quelques propos qui reprennent et d\u00e9veloppent un travail personnel&nbsp; publi\u00e9 en anglais aux Etats Unis (Racism in the Western, Revisionis Press, New York,&nbsp; 1981) ne sont que de simples r\u00e9flexions sur un sujet tr\u00e8s vaste et complexe qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abondamment explor\u00e9. On se bornera \u00e0 citer le remarquable <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1609\">Lire plus &#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1609","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contributions"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1609","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1609"}],"version-history":[{"count":9,"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1609\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1622,"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1609\/revisions\/1622"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1609"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1609"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1609"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}