{"id":91,"date":"2013-03-12T12:50:36","date_gmt":"2013-03-12T11:50:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=91"},"modified":"2022-04-01T17:12:51","modified_gmt":"2022-04-01T16:12:51","slug":"the-burrowers","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=91","title":{"rendered":"Main basse sur la ville"},"content":{"rendered":"<h4><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-163 alignleft\" alt=\"affiche-main-basse-sur-la-ville\" src=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/affiche-main-basse-sur-la-ville.jpg\" width=\"200\" height=\"285\"> Cycle \u00ab\u00a0Italiens\u00a0\u00bb<\/h4>\n<blockquote><p>Italie, 1963 . Titre original \u00ab\u00a0Le Mani sulla citta\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9alis\u00e9 par Francesco Rosi , \u00e9crit par Francesco Rosi et Raffaele La Capria<\/p>\n<p>Avec Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti, Angelo d&rsquo;Alessandro<\/p><\/blockquote>\n<p>Synopsis :<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;impulsion de l&rsquo;entrepreneur Nottola, la municipalit\u00e9 de Naples transforme des terrains agricoles en terrains constructibles. Les sp\u00e9culateurs construisent sans pr\u00e9caution et le chantier provoque l&rsquo;\u00e9croulement d&rsquo;une maison ancienne et des morts. Ce drame ayant lieu peu avant les \u00e9lections municipales, les d\u00e9bats font rage dans la majorit\u00e9 qui cherche \u00e0 \u00e9vincer Nottola tandis que l&rsquo;opposition, men\u00e9e par le conseiller communiste De Vita, pousse \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une commission d&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les pressions de toutes parts, cette commission est cr\u00e9\u00e9e et va tenter d&rsquo;identifier les responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more-->\u00ab&nbsp;En \u00e9talant au grand jour les rouages du jeu politique, Rosi pose le probl\u00e8me des rapports entre la morale et la politique. Pour les hommes qui d\u00e9tiennent le pouvoir, la question est r\u00e9solue&nbsp;: faire de la politique, c\u2019est entrer dans un domaine o\u00f9 la morale traditionnelle n\u2019a plus cours et o\u00f9 seuls comptent l\u2019opportunisme, l\u2019habilet\u00e9 man\u0153uvri\u00e8re, la corruption. Toutes les m\u00e9thodes sont bonnes pour conqu\u00e9rir et conserver le pouvoir. Les discours d\u00e9magogiques et les pr\u00e9bendes servent \u00e0 obtenir l\u2019aval des \u00e9lecteurs dans un syst\u00e8me qui n\u2019est plus qu\u2019un simulacre de d\u00e9mocratie. L\u2019exercice du pouvoir, s\u2019il est pratiqu\u00e9 sans contr\u00f4les, conduit \u00e0 tous les abus&nbsp;: l\u2019autorit\u00e9 finit par prendre des formes monstrueuses. Loin d\u2019\u00eatre au service du citoyen, elle le transforme en esclave. Ainsi, des fortunes colossales s\u2019\u00e9difient en transformant les terrains agricoles de la p\u00e9riph\u00e9rie en for\u00eat de ciment, en ravageant les centres-ville o\u00f9 les maisons \u00e0 la dimension des rues sont remplac\u00e9es par d\u2019ignobles \u00e9difices dont l\u2019ampleur bouleverse le tissu urbain et chasse dans les faubourgs les classes les moins fortun\u00e9es.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><i>Jean A Gili \u2013 Le Cin\u00e9ma Italien \u2013 Edition La Martin\u00e8re \u2013 2011 page 214<\/i><\/span><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Dans la droite ligne de <i>Temp\u00eate \u00e0 Washington, Main basse sur la ville, <\/i>film \u00e9minemment politique, fait de d\u00e9cisions politiques, d\u2019obscures commissions d\u2019enqu\u00eate et conciliabules municipaux, les enjeux dramatiques de sa narration. Tout en poussant plus loin encore le proc\u00e9d\u00e9&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 Otto Preminger roman\u00e7ait son exigeante fresque pour r\u00e9pondre aux canons de Hollywood, Francesco Rosi refuse toute psychologie superflue. En une heure et demie de film on n\u2019apprendra finalement rien de la vie de ses personnages principaux, de leurs familles, de leurs occupations, et de leurs pr\u00e9occupations. D\u2019embl\u00e9e <i>Main basse sur la ville <\/i>se pose en constat implacable et d\u00e9barrass\u00e9 de tout oripeau, \u00e0 la limite du reportage. Pas de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 chez Rosi, mais bel et bien cette exigence de v\u00e9rit\u00e9 qui aura travers\u00e9 toute la carri\u00e8re du r\u00e9alisateur de <i>Salvatore Guiliano<\/i>. [\u2026] Pour peu que l\u2019on se prenne au jeu, la d\u00e9monstration est d\u2019autant plus cinglante qu\u2019elle reste d\u2019une br\u00fblante actualit\u00e9, m\u00eame en France. O\u00f9 l\u2019on se rend compte que c\u2019est peut-\u00eatre un film italien des ann\u00e9es 1960 qui parle encore mieux de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><i>Margo Channing \u2013 2005<\/i>(extrait de <i>Jean A Gili \u2013 Le Cin\u00e9ma Italien \u2013 Edition La Martin\u00e8re \u2013 2011 page 215)<\/i><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019actualit\u00e9 de ce film de 1963 me semble \u00eatre dans la m\u00e9thode m\u00eame de son r\u00e9cit, l\u2019intention didactique de montrer, de parcourir \u2013 au-del\u00e0 de la d\u00e9nonciation de la sp\u00e9culation immobili\u00e8re \u00e0 Naples, ville qui repr\u00e9sente ici l\u2019Italie et le monde \u2013 les m\u00e9canismes \u00e0 travers lesquels le pouvoir politique dominant peut changer les r\u00e8gles d\u00e9mocratiques existantes, pour atteindre ses propres buts\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><i>Francesco Rosi \u2013 colloque dans sa ville natale en 2005 &#8211; Positif n\u00b0 543 Mai 2006 page 71<\/i><\/p>\n<p>Dans &lt;<i>Main basse sur la ville, <\/i>ce qui est en r\u00e9alit\u00e9 racont\u00e9, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019une complicit\u00e9 entre sp\u00e9culateurs politiques, histoire qui est de tous les temps, m\u00eame si pour Rosi, elle se d\u00e9roule \u00e0 Naples, de nos jours\u2026 Rosi a r\u00e9alis\u00e9 un film clair, bien structur\u00e9, sans ambigu\u00eft\u00e9, presque trop soulign\u00e9 dans la fermet\u00e9 de ses intentions pol\u00e9miques\u2026 Dans ce film il se r\u00e9v\u00e8le un cin\u00e9aste de la foule. Les s\u00e9quences dans les rues de Naples, dans les s\u00e9ances du conseil municipal, avec le peuple et les bourgeois napolitains film\u00e9s sous leur aspect le plus anonyme et le plus collectif, sont ce que Rosi a r\u00e9cemment fait de meilleur.<br \/>\n<i>Alberto Moravia \u2013 L\u2019Espresso \u2013 20 octobre 1963 (Reparu dans Positif n\u00b0 604 de juin 2011 page 44)<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cycle \u00ab\u00a0Italiens\u00a0\u00bb Italie, 1963 . Titre original \u00ab\u00a0Le Mani sulla citta\u00a0\u00bb R\u00e9alis\u00e9 par Francesco Rosi , \u00e9crit par Francesco Rosi et Raffaele La Capria Avec Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti, Angelo d&rsquo;Alessandro Synopsis : Sous l&rsquo;impulsion de l&rsquo;entrepreneur Nottola, la municipalit\u00e9 de Naples transforme des terrains agricoles en terrains constructibles. 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