{"id":1135,"date":"2016-01-01T15:11:34","date_gmt":"2016-01-01T14:11:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1135"},"modified":"2017-03-23T17:25:15","modified_gmt":"2017-03-23T16:25:15","slug":"barry-lyndon-12-janvier-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1135","title":{"rendered":"Barry Lyndon&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;12 janvier 2016"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1140\" src=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/barry-lyndon.jpeg\" alt=\"barry-lyndon\" width=\"200\" height=\"301\" srcset=\"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/barry-lyndon.jpeg 200w, https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/barry-lyndon-199x300.jpeg 199w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/>Stanley Kubrick<\/p>\n<p>1975<\/p>\n<p>Dur\u00e9e \u00a0:2 h 58<\/p>\n<p>Ray O Neal<br \/>\nMarisa Berenson<br \/>\nStanley Kubrick souhaitait faire un film sur Napol\u00e9on et plus particuli\u00e8rement sur les raisons qui l\u2019on men\u00e9 \u00e0 sa perte. Mais un film \u00ab Waterloo \u00bb venait de sortir qui l\u2019obligea \u00e0 abandonner son projet.<\/p>\n<p><em id=\"__mceDel\"> Il souhaitait n\u00e9anmoins traiter de la d\u00e9cadence et dans un film historique.<br \/>\n\u00ab Les films historiques ont ceci de commun avec les films de science-fiction qu\u2019on tente d\u2019y recr\u00e9er quelque chose qui n\u2019existe pas \u00bb<br \/>\n&#8211; Entretiens (exceptionnel ! ) de Stanley Kubrick avec Michel Ciment (Copie litt\u00e9rale de l\u2019excellent livre de Michel Ciment sur Stanley Kubrick) :<\/em><\/p>\n<p>Dans Orange m\u00e9canique, nous \u00e9tions pendant la premi\u00e8re partie contre Alex et pendant la seconde avec lui. Ici, le sentiment d&rsquo;attraction-r\u00e9pulsion pour Barry est m\u00eal\u00e9 \u00e0 tous les instants.<br \/>\nThackeray dit qu&rsquo;il a \u00e9crit \u00ab un roman sans h\u00e9ros \u00bb.Comment ne pas avoir de sympathie pour Barry ? Mais comment ne pas \u00eatre conscient de ses faiblesses, comment ne pas voir les impasses o\u00f9 le m\u00e8nent son ambition et les limites de sa personnalit\u00e9 (qui viennent du d\u00e9veloppement de son cynisme) ? Selon les d\u00e9finitions traditionnelles, ce n&rsquo;est, certes, ni un h\u00e9ros ni un m\u00e9chant. Ainsi en va-t-il de la plupart des gens.<br \/>\nOn a, \u00e0 la fin, le sentiment d&rsquo;un profond g\u00e2chis,<br \/>\n&#8211; C&rsquo;est une trag\u00e9die. Le m\u00e9lodrame, lui, utilise tous les probl\u00e8mes et les catastrophes qui frappent les personnages principaux pour vous montrer que, finalement, le monde est un lieu de justice. Mais la trag\u00e9die, qui essaie de pr\u00e9senter la vie de fa\u00e7on plus honn\u00eate et plus proche de la r\u00e9alit\u00e9 que ne le fait le m\u00e9lodrame, vous laisse un sentiment de d\u00e9solation.<br \/>\n&#8211; En \u00e9pilogue de votre film : une phrase qui pr\u00e9cise qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui tous ces personnages qui ont tant bataill\u00e9, lutt\u00e9, sont \u00e9gaux devant la mort. On peut y voir un \u00e9nonc\u00e9 nihiliste ou religieux.<br \/>\n&#8211; Mais non. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un post-scriptum ironique et triste qui vient du livre. Si l&rsquo;on fait une fin optimiste, on ne montre pas les choses comme elles sont. On retrouve toujours le probl\u00e8me suivant : va-t-on renforcer l&rsquo;illusion qu&rsquo;installe le m\u00e9lodrame ou montrer la vie telle qu&rsquo;elle est ? Ce n&rsquo;est pas \u00eatre nihiliste ; juste r\u00e9aliste. Donner du monde une image fausse n&rsquo;a d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que si vous faites du pur divertissement.<br \/>\n&#8211; Vos films montrent ce monde dans un \u00e9tat de guerre perp\u00e9tuelle. Dans Barry Lyndon, apr\u00e8s les batailles de la premi\u00e8re partie, on entre dans le champ clos de la vie conjugale.<br \/>\n&#8211; Dans un ouvrage de fiction, il faut qu&rsquo;il y ait un conflit, que quelque chose aille de travers. M\u00eame dans La M\u00e9lodie du bonheur, cela arrive ! Mais surtout, l&rsquo;\u00e9tat de guerre n&rsquo;est pas l&rsquo;image la plus inexacte que l&rsquo;on puisse donner de la vie de la plupart des gens : combien y a-t-il de mariages heureux ?<br \/>\nCombien de beaux-p\u00e8res aiment leurs beaux-fils et r\u00e9ciproquement ?<\/p>\n<p>&#8211; Il est bien des aspects de ce film qui \u00e9voquent le cin\u00e9ma muet. Je pense, en particulier, \u00e0 la sc\u00e8ne de s\u00e9duction de lady Lyndon \u00e0 la table de jeu.<br \/>\n&#8211; La meilleure chose \u00e0 faire de cette sc\u00e8ne, c&rsquo;\u00e9tait de la raconter visuellement. Sans que personne ne parle et sans qu&rsquo;ils se parlent, leurs attitudes en disaient plus que toute autre chose sur leurs relations. Ce qu&rsquo;elle \u00e9prouve pour lui est purement physique. C&rsquo;est ce qui se passe dans la plupart des cas o\u00f9 une personne est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment amoureuse. Les relations masochistes et tragiques que j&rsquo;ai pu observer reposent essentiellement sur une attirance physique. Il m&rsquo;a sembl\u00e9 que cela \u00e9tait exprim\u00e9 de fa\u00e7on \u00e9l\u00e9gante et r\u00e9aliste, avec l&rsquo;aide de Schubert.<\/p>\n<p>&#8211; Pensiez-vous d\u00e9j\u00e0 au Trio de Schubert en pr\u00e9parant et en tournant cette sc\u00e8ne de s\u00e9duction ?<br \/>\n&#8211; Non. J&rsquo;y ai pens\u00e9 seulement au montage, j\u2019avais d&rsquo;abord voulu m&rsquo;en tenir exclusivement \u00e0 la musique du XVIIIe si\u00e8cle, quoiqu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucune r\u00e8gle en ce domaine. Je crois bien que j&rsquo;ai chez moi toute la musique du XVIIIe enregistr\u00e9e sur microsillons. J&rsquo;ai tout \u00e9cout\u00e9 avec beaucoup d&rsquo;attention. Malheureusement, on n&rsquo;y trouve nulle passion, rien qui, m\u00eame lointainement, puisse \u00e9voquer un th\u00e8me d&rsquo;amour ; il n&rsquo;y a rien dans la musique du XVIIIe qui ait le sentiment tragique du Trio de Schubert. J&rsquo;ai donc fini par tricher de quelques ann\u00e9es en choisissant un morceau \u00e9crit vers 1814. Sans \u00eatre absolument romantique, il a pourtant quelque chose d&rsquo;un romanesque tragique.<\/p>\n<p>&#8211; Vous avez aussi trich\u00e9 en demandant \u00e0 L\u00e9onard Rosenman d&rsquo;orchestrer la Sarabande de Haendel en lui donnant une sorte de lenteur romantique.<br \/>\n&#8211; Cette fois encore, cela vient du fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de musique dramatique au XVIIIe. En fait, quand j&rsquo;ai entendu jouer cette Sarabande \u00e0 la guitare, c&rsquo;\u00e9tait ce qui se rapprochait le plus d&rsquo;Ennio Morricone !.., sans jurer avec le reste de l&rsquo;histoire. On l&rsquo;a, en fait, tr\u00e8s simplement orchestr\u00e9e et elle n&rsquo;\u00e9voque pas d&rsquo;\u00e9poque particuli\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Elle accompagne aussi ce dernier duel, qui n&rsquo;est pas dans le roman et que vous avez situ\u00e9 dans un pigeonnier.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait une grange pleine de pigeons&#8230; Je cherchais comment rendre ce duel int\u00e9ressant et diff\u00e9rent quand j&rsquo;ai vu une photo de cette grange avec ses pigeons : je les ai, bien entendu, gard\u00e9s, avec leurs roucoulements, James Joyce a \u00e9crit une merveilleuse phrase : \u00ab L&rsquo;accident est le portail vers la d\u00e9couverte, \u00bb Si vous savez l&rsquo;utiliser, cet accident, vous ajoutez une dimension \u00e0 ce que vous faites.<br \/>\nLa plupart des films ressemblent aux matchs sportifs : on commence avec un plan, mais l&rsquo;endroit o\u00f9 tombe le ballon et l&#8217;emplacement des joueurs font na\u00eetre des occasions qui, si vous savez les utiliser, vous permettent de mieux jouer.<br \/>\nVous \u00eates c\u00e9l\u00e8bre pour la pr\u00e9cision de vos recherches quand vous abordez un nouveau sujet.<br \/>\nJe suis un peu comme le d\u00e9tective \u00e0 la recherche d&rsquo;indices, Pour Barry Lyndon, j&rsquo;ai constitu\u00e9 un fichier de toutes les sortes de renseignements et d&rsquo;informations dont nous pourrions avoir besoin. Je crois que j&rsquo;ai mis en pi\u00e8ces tous les livres d&rsquo;art disponibles dans le commerce pour classer les reproductions de tableaux \\Quant aux costumes, ils sont tous copi\u00e9s d&rsquo;apr\u00e8s des tableaux. Aucun n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u aujourd&rsquo;hui : il aurait \u00e9t\u00e9 stupide de demander \u00e0 un mod\u00e9liste d&rsquo;interpr\u00e9ter le XVIIIe si\u00e8cle d&rsquo;apr\u00e8s ses souvenirs scolaires ou d&rsquo;apr\u00e8s des tableaux, parce que personne ne peut avoir assez d&rsquo;intuition pour dessiner des costumes d&rsquo;une autre \u00e9poque &#8211; il n&rsquo;y en a d\u00e9j\u00e0 pas beaucoup qui ont assez d&rsquo;intuition pour dessiner les costumes de leur propre \u00e9poque \\ Mais c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s amusant d&rsquo;accumuler les informations. La pr\u00e9paration du film a pris un an avant le tournage proprement dit. Le cin\u00e9ma doit avoir l&rsquo;air r\u00e9aliste puisque son point de d\u00e9part est toujours de faire croire \u00e0 l&rsquo;histoire qu&rsquo;il raconte. Et c&rsquo;est aussi une autre esp\u00e8ce de plaisir : la beaut\u00e9 visuelle et la recr\u00e9ation d&rsquo;une \u00e9poque. Ce qu&rsquo;on essaie dans un film historique, c&rsquo;est de tout faire pour avoir l&rsquo;impression de tourner en d\u00e9cors naturels, aujourd&rsquo;hui.<br \/>\n&#8211; C&rsquo;est pour cette raison que vous n&rsquo;avez utilis\u00e9 que des sources de lumi\u00e8re d&rsquo;\u00e9poque ?<br \/>\n&#8211; L&rsquo;\u00e9clairage des films historiques m&rsquo;a toujours sembl\u00e9 tr\u00e8s faux. Une pi\u00e8ce enti\u00e8rement \u00e9clair\u00e9e aux bougies, c&rsquo;est tr\u00e8s beau et compl\u00e8tement diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;on voyait d&rsquo;habitude au cin\u00e9ma, J&rsquo;ai fini par trouver cet objectif O,7 F Zeiss : c&rsquo;est le plus rapide qui existe. Il n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour tourner un film. Il a fallu am\u00e9nager sp\u00e9cialement une cam\u00e9ra pour le fixer. Dans les sc\u00e8nes \u00e9clair\u00e9es \u00e0 la bougie, nous utilisons un tr\u00e8s faible \u00e9clairage compl\u00e9mentaire venant du plafond, mais la source principale a toujours \u00e9t\u00e9 les bougies,<br \/>\nDe m\u00eame, pour les sc\u00e8nes de jour, nous avons d\u00fb \u00e9clairer les pi\u00e8ces de l&rsquo;ext\u00e9rieur parce que nous n&rsquo;avions pas assez de lumi\u00e8re naturelle, mais l&rsquo;\u00e9clairage venait toujours des fen\u00eatres. En effet, \u00e0 moins que l&rsquo;on ne d\u00e9sire faire un f\u00fbm irr\u00e9aliste, il faut rechercher dans l&rsquo;\u00e9clairage, les d\u00e9cors et les costumes les conditions premi\u00e8res du r\u00e9alisme.<br \/>\n&#8211; Comment travaillez-vous avec les acteurs ?<br \/>\nNous parlons d&rsquo;abord du personnage en g\u00e9n\u00e9ral, puis de la sc\u00e8ne \u00e0 tourner et de l&rsquo;attitude du personnage dans celle-ci, qui est parfois diff\u00e9rente de la ligne g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;histoire. C\u2019est alors qu&rsquo;arriv\u00e9 le moment terrible de la premi\u00e8re r\u00e9p\u00e9tition sur le lieu m\u00eame o\u00f9 l&rsquo;on va tourner. C&rsquo;est toujours une surprise. Il faut changer le dialogue, abandonner des id\u00e9es en saisir de nouvelles. Quant au tournage proprement dit, il ne fait jamais probl\u00e8me. Ce qui est difficile, c&rsquo;est _d\u2019amener pendant les r\u00e9p\u00e9titions la sc\u00e8ne au point o\u00f9 on le d\u00e9sire<br \/>\n&lsquo;Pourquoi avez-vous choisi Ryan O&rsquo;Neal pour incarner Barry Lyndon ?3<br \/>\nA vrai dire, je ne pouvais penser \u00e0 personne d&rsquo;autre. Il convenait au personnage : le r\u00f4le ne pouvait donc \u00eatre tenu par Jack Nicholson, Dustin Hoffman ou Steve McQueen. II fallait aussi qu&rsquo;il soit jeune au d\u00e9but et moins jeune \u00e0 &lsquo;.a f_-. L^ seul probl\u00e8me que l&rsquo;on puisse avoir avec un acteur, c&rsquo;est quand il est litt\u00e9ralement incapable de faire quelque chose et qu&rsquo;il cherche des tas de pr\u00e9textes pour ne pas le faire, et qu: n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec son incapacit\u00e9. Tout \u00e0 fait comme dans .a Nuit am\u00e9ricaine de Truffaut, au moment o\u00f9 Valentina Conese ne s&rsquo;est pas donn\u00e9 la peine d&rsquo;apprendre son r\u00f4le et qu&rsquo;elle s en prend \u00e0 un membre de l&rsquo;\u00e9quipe du film.<br \/>\n&#8211; La presse new-yorkaise avait \u00e9t\u00e9 incroyablement s\u00e9v\u00e8re avec 2001. La presse anglaise, \u00e0 son tour, n&rsquo;a pasm\u00e9nag\u00e9 Barry Lyndon. En \u00eates-vous affect\u00e9 ?<br \/>\nJ&rsquo;ai remarqu\u00e9 que beaucoup de critiques, au bout de quelques ann\u00e9es, se font une certaine id\u00e9e des cin\u00e9astes et qu&rsquo;ils s&rsquo;y tiennent. La psychologie de groupe des critiques de cin\u00e9ma est difficile \u00e0 comprendre. Quand vous y r\u00e9fl\u00e9chissez le dernier de mes films sur lequel la presse britannique a \u00e9mis un jugement r\u00e9ellement positif, c&rsquo;est Docteur Folamour<br \/>\n&#8211; Vos trois derniers films montrent que vous avez renonc\u00e9 \u00e0 faire composer de la musique originale.<br \/>\n&#8211; Dans 2001 j&rsquo;ai utilis\u00e9 Ligeti, compositeur contemporain. Mais si l&rsquo;on veut utiliser de la musique symphonique, pourquoi la demander \u00e0 un compositeur qui de toute \u00e9vidence ne peut pas rivaliser avec les grands musiciens du pass\u00e9 ? Et c\u2019est un tel pari que de commander une partition originale. Elle est toujours faite au dernier moment, et si elle ne vous convient pas, vous n&rsquo;avez jamais le temps de changer. Maisquand la musique convient \u00e0 un film, elle lui ajoute une dimension que rien d&rsquo;autre ne pourrait lui donner. Elle est de toute premi\u00e8re importance.<br \/>\n&#8211; Aimez-vous \u00e9crire seul vos sc\u00e9narios ou pr\u00e9f\u00e9reriez-vous travailler avec un sc\u00e9nariste ?<br \/>\n&#8211; J&rsquo;aimerais beaucoup avoir un collaborateur qui serait sur la m\u00eame longueur d&rsquo;onde que moi et qui me stimulerait. Ce fut le cas lorsque j&rsquo;ai \u00e9crit 2001 avec Arthur Clarke. L&rsquo;un des paradoxes du cin\u00e9ma, c&rsquo;est que, en g\u00e9n\u00e9ral, les vrais \u00e9crivains n&rsquo;\u00e9crivent pas de sc\u00e9narios, \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre metteurs en sc\u00e8ne eux-m\u00eames &#8211; et, dans ce cas, ils \u00e9crivent pour eux-m\u00eames.<br \/>\nC&rsquo;est ce que je fais !<br \/>\n&#8211; Vos mouvements de cam\u00e9ra sont-ils pr\u00e9vus \u00e0 l&rsquo;avance ?<br \/>\nRarement. La premi\u00e8re approche du film se produit<br \/>\nquand on commence \u00e0 \u00e9crire le sc\u00e9nario ; la deuxi\u00e8me, quand on r\u00e9p\u00e8te &#8211; ce qui fait encore partie de l&rsquo;\u00e9criture, parce qu&rsquo;on apporte des changements au texte. Et quand quelque chose se produit qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre sur l&rsquo;\u00e9cran, je d\u00e9cide comment on va le tourner. J&rsquo;ai toujours l&rsquo;impression que s&rsquo;il se passe vraiment quelque chose, peu importe la fa\u00e7on dont on le filme &#8211; ce qui est faux, bien entendu ! &#8211; mais c&rsquo;est tout de m\u00eame ce que font les personnages qui compte. \u00c9videmment, il vaut mieux le montrer de fa\u00e7on cin\u00e9matographiquement int\u00e9ressante, mais pour moi cela vient assez facilement une fois que la sc\u00e8ne existe. La premi\u00e8re version de Barry Lyndon m&rsquo;a pris trois ou quatre mois. J&rsquo;ai le sentiment que si les \u00e9v\u00e9nements sont justes, il est assez facile d&rsquo;\u00e9crire une sc\u00e8ne. Il arrive qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas le temps d&rsquo;\u00e9crire enti\u00e8rement une sc\u00e8ne parce qu&rsquo;elle posait des probl\u00e8mes que l&rsquo;on n&rsquo;a pas pu r\u00e9soudre avant le tournage. Mais lorsque le but de cette sc\u00e8ne est clair et juste, lorsque le comportement des personnages est bien appr\u00e9hend\u00e9 et lorsque l&rsquo;action est ad\u00e9quate et int\u00e9ressante, alors le dialogue semble venir de lui-m\u00eame, sans grand effort,..<br \/>\n&#8211; Vous \u00eates un novateur, mais vous ne rejetez pas une certaine tradition.<br \/>\n&#8211; Je pense que l&rsquo;une des grandes erreurs de l&rsquo;art du XXe si\u00e8cle est son obsession de l&rsquo;originalit\u00e9 \u00e0 tout prix. M\u00eame de grands novateurs comme Beethoven ne se coupaient pas totalement de l&rsquo;art qui les pr\u00e9c\u00e9dait. Innover, c&rsquo;est aller de l&rsquo;avant sans abandonner le pass\u00e9<br \/>\n&#8211;<br \/>\nKubrick \u2013 Michel Ciment \u2013 Calmann-Levy 1980<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Stanley Kubrick 1975 Dur\u00e9e \u00a0:2 h 58 Ray O Neal Marisa Berenson Stanley Kubrick souhaitait faire un film sur Napol\u00e9on et plus particuli\u00e8rement sur les raisons qui l\u2019on men\u00e9 \u00e0 sa perte. Mais un film \u00ab Waterloo \u00bb venait de sortir qui l\u2019obligea \u00e0 abandonner son projet. 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