{"id":1618,"date":"2018-02-01T12:15:39","date_gmt":"2018-02-01T11:15:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1618"},"modified":"2018-02-01T12:18:07","modified_gmt":"2018-02-01T11:18:07","slug":"lire-le-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=1618","title":{"rendered":"Lire le cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><b>&nbsp;De quelques ouvrages de base sur le septi\u00e8me art<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><b>Jean-Jacques Sadoux<\/b><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>En 1936, convalescent apr\u00e8s une chute dans sa piscine et en proie \u00e0 des probl\u00e8mes&nbsp; personnels graves (alcoolisme, d\u00e9pression, soucis d\u2019argent) le&nbsp; romancier am\u00e9ricain Francis Scott Fitzgerald se voit assigner&nbsp; une infirmi\u00e8re pour veiller sur lui. Il se prend d\u2019amiti\u00e9 pour elle et d\u00e9cide de faire son \u00e9ducation litt\u00e9raire en lui dictant une liste de 22 livres qu\u2019il juge essentiels (1)<\/p>\n<p>Loin de nous la pr\u00e9tention de vouloir faire de m\u00eame en dressant une liste d\u2019ouvrages de base sur le cin\u00e9ma (il y en a des milliers et nous n\u2019en connaissons qu\u2019une infime partie), nous nous contenterons de signaler \u00e0 l\u2019attention de nos lecteurs quelques titres importants.<\/p>\n<p>Faire une s\u00e9lection de ces titres n\u2019est pas chose ais\u00e9e. Il faut s\u2019assurer d\u2019abord qu\u2019ils soient toujours disponibles et surtout qu\u2019ils soient d\u2019une lecture abordable et permettent de faire avancer la r\u00e9flexion et la connaissance des hommes et des \u0153uvres qui ont fa\u00e7onn\u00e9 ce \u00ab&nbsp;ruban de r\u00eaves&nbsp;\u00bb selon la formule attribu\u00e9 \u00e0 Orson Wells.<\/p>\n<p>Ces quelques livres essentiels sur le cin\u00e9ma, aux&nbsp; approches contrast\u00e9es&nbsp; permettent de ne plus se sentir en <i>terra&nbsp; incognita<\/i> devant ce qui est \u00e0 la fois un art populaire mais aussi un reflet extraordinairement complexe de notre soci\u00e9t\u00e9. Nous vous pr\u00e9senterons six ouvrages abordant des th\u00e9matiques et des probl\u00e9matiques vari\u00e9es \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de grands genres cin\u00e9matographiques mais aussi de cin\u00e9astes essentiels analys\u00e9s par quelques-uns des critiques les plus importants du pays de la cin\u00e9philie par excellence qu\u2019est la France&nbsp;:une \u00e9tude&nbsp; quasi d\u00e9finitive sur un genre cin\u00e9matographique, puis une approche tr\u00e8s personnelle sur un autre genre mythique, suivie d\u2019une autre sur le gotha du cin\u00e9ma am\u00e9ricain et enfin&nbsp; un livre somme \u00e9voquant&nbsp; le cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral. Nous vous proposons enfin deux \u00e9tudes remarquables sur Maurice Pialat et Michael Haneke.<\/p>\n<ol>\n<li>Notre orgueil national en ressort renforc\u00e9, pr\u00e8s d\u2019un tiers (7) sont fran\u00e7ais&nbsp;! ( Proust, Maupassant, Stendhal, Renan, Anatole France)<\/li>\n<\/ol>\n<p><b>A La Porte Du&nbsp; Paradis<\/b>, Michael Henry Wilson&nbsp; <i>Armand Colin<\/i>, 2O14 (39\u20ac)<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte du cin\u00e9ma am\u00e9ricain passe par l\u2019ouvrage de Michael Henry Wilson dont le titre rappelle cette m\u00e9taphore de l\u2019Eden&nbsp; perdu par la chute et de cette nostalgie qui parcoure tel un fil d\u2019Ariane tout le cin\u00e9ma d\u2019outre atlantique.&nbsp; D\u00e9senchantement romanesque et nostalgie de la pastorale selon les mots de l\u2019auteur. L\u2019ouvrage de Wilson est dans la mouvance des travaux de Leslie Fiedler (<i>Le Retour du Peau Rouge<\/i> en particulier) dans la mesure o\u00f9 il fait ressortir ce qui constitue pour reprendre les termes de la pr\u00e9sentation \u00ab&nbsp;le fil rouge qui court \u00e0 travers la&nbsp; vaste tapisserie du cin\u00e9ma am\u00e9ricain&nbsp;\u00bb mais aussi de toute la fiction \u00e9tasunienne , \u00e0 savoir la perte de l\u2019aura mythique du Nouveau Monde et la d\u00e9couverte progressive par les Am\u00e9ricains qu\u2019ils sont en train de reproduire la vieille Europe et que la porte du paradis se referme au moment m\u00eame o\u00f9 ils croyaient l\u2019avoir retrouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 deux mois avant la mort de son auteur <b>A la porte du paradis<\/b> constitue un monument incontournable pour d\u00e9crypter ces films hollywoodiens et post hollywoodiens qui occupent une telle place dans notre imaginaire. (2)) Collaborateur pendant quarante ans de la revue<b> Positif<\/b>, il fut \u00ab&nbsp;ce franco-am\u00e9ricain d\u00e9licieux \u2026 qui savait se garder de deux grands \u00e9cueils des sachants&nbsp;: la cuistrerie et la p\u00e9danterie&nbsp;\u00bb (3)<\/p>\n<p>Dans l\u2019avant-propos que Martin Scorcese a r\u00e9dig\u00e9 pour cet ouvrage il \u00e9voque Montag, le pompier pyromane de <b>Fahrenheit 451<\/b> de Ray Bradbury qui d\u00e9clarait que derri\u00e8re chaque \u0153uvre il y avait un \u00eatre humain. Telle est la d\u00e9marche de Michael Henry Wilson&nbsp;: les cinquante-huit cin\u00e9astes qu\u2019il \u00e9tudie sont replac\u00e9s dans leur contexte sociologique, historique et artistique. Quant \u00e0 &nbsp; la th\u00e9matique retenue elle t\u00e9moigne de la profonde connaissance de cet universitaire des lignes de force et des tensions parcourant la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Ce qui constitue aussi une approche particuli\u00e8rement originale, c\u2019est le choix des cin\u00e9astes retenus. Michael Henry Wilson choisit de laisser de c\u00f4t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment certains metteurs en sc\u00e8ne de premi\u00e8re grandeur, v\u00e9ritables piliers du temple hollywoodien parce que beaucoup a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur eux. Il se concentre par contre&nbsp; assez souvent&nbsp; sur de petits ma\u00eetres qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre d\u00e9couverts et dont la th\u00e9matique s\u2019av\u00e8re d\u2019une richesse et d\u2019une profondeur uniques. Par exemple Budd Boeticher, Edgar J. Ulmer ou Phil Carlson bien inconnus du grand public mais essentiels dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma am\u00e9ricain.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Sans oublier bien sur <b>Cinquante ans de cin\u00e9ma am\u00e9ricain<\/b> et <b>Amis am\u00e9ricains<\/b> de Bertrand Tavernier qui se situent dans le m\u00eame registre de cin\u00e9philie exigeante, ainsi que cet autre ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence sur le cin\u00e9ma d\u2019outre atlantique dont Michael Henry Wilson est le co-auteur&nbsp;: <b>Voyage de Martin Scorcese \u00e0 travers le cin\u00e9ma am\u00e9ricain<\/b> (Cahiers du Cin\u00e9ma, 1992)<\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li><b>Les Inrocks<\/b>,&nbsp; 28\/6\/2014<\/li>\n<\/ol>\n<p><b>Le cin\u00e9ma en partage <\/b>de Michel Ciment (<i>Rivages<\/i>, 21\u20ac)<\/p>\n<p>On ne pr\u00e9sente plus Michel Ciment. R\u00e9dacteur en chef de la revue <b>Positif<\/b> (meilleure magazine de cin\u00e9ma d\u2019Europe selon <i>Variety<\/i>) (4), animateur infatigable du <b>Masque et<\/b> <b>la Plume<\/b> (pendant quatre d\u00e9cennies), auteur d\u2019une vingtaine d\u2019ouvrages fondateurs sur le cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral (Stanley Kubrick, John Boorman, Francesco Rosi,&nbsp; Joseph Losey, Elia Kazan \u2026 ) C\u2019est le critique de cin\u00e9ma par excellence, celui qui a le mieux d\u00e9crit et comment\u00e9 la richesse et la diversit\u00e9 de l\u2019art cin\u00e9matographique, toutes \u00e9poques et toutes nationalit\u00e9s confondues. Le cin\u00e9aste Quentin Tarantino a d\u00e9clar\u00e9 un jour&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>Tant que cin\u00e9ma est entre les mains de gens comme Michel Ciment il n\u2019y a pas de souci \u00e0 se faire<\/i>)<\/p>\n<p><b>Le Cin\u00e9ma en Partage <\/b>t\u00e9moigne de l\u2019immense culture pluridisciplinaire de Michel Ciment, de l\u2019\u00e9clectisme et de l\u2019originalit\u00e9 de son approche.&nbsp;<\/p>\n<p>Bonus exceptionnel l\u2019ouvrage est accompagn\u00e9 d\u2019un DVD de pr\u00e8s d\u2019une heure qui \u00e9voque la carri\u00e8re et la d\u00e9marche intellectuelle de ce critique atypique respect\u00e9 par les cin\u00e9astes du monde entier. Il est absolument fascinant d\u2019\u00e9couter Michel Ciment parler des films et des cin\u00e9astes qu\u2019il aime et tout aussi fascinant d\u2019entendre les commentaires et jugements port\u00e9s sur lui par l\u2019\u00e9lite des metteurs en sc\u00e8ne pour lesquels il est une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>A la lecture du <b>Cin\u00e9ma en partage<\/b>&nbsp; on ressent le sentiment jubilatoire de saisir parfaitement&nbsp; le processus cr\u00e9ateur et le fonctionnement du septi\u00e8me art. Tous les aspects les plus importants et aussi les plus inhabituels de la cin\u00e9philie sont abord\u00e9s avec cette hauteur de vue et cette fraicheur d\u2019esprit qui rendent les critiques et les commentaires de Michel Ciment si enrichissants.<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li>L\u2019ancienne rivalit\u00e9 entre <b>Positif<\/b> et <b>Les Cahiers du Cin\u00e9ma <\/b>est parfaitement st\u00e9rile et n\u2019a plus aucune raison d\u2019\u00eatre&nbsp;;&nbsp; on peut pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019une ou l\u2019autre revue mais force est de constater qu\u2019elles sont toutes les deux indispensables \u00e0 une cin\u00e9philie ouverte et tol\u00e9rante. N\u2019oublions pas dans cette \u00e9vocation des publications sur le cin\u00e9ma de grande qualit\u00e9 <b>Cin\u00e9maction <\/b>qui publie chaque trimestre des ouvrages th\u00e9matiques et collectifs passionnants. En fait 561(!) revues fran\u00e7aises&nbsp; de cin\u00e9ma sont r\u00e9pertori\u00e9es sur Internet, la plupart sont certainement dignes d\u2019int\u00e9r\u00eat, mais \u00e0 notre grand regret nous n\u2019en connaissons qu\u2019une poign\u00e9e, <b>1895 <\/b>entre autres (Association Fran\u00e7aise de Recherche sur l\u2019histoire du&nbsp; Cin\u00e9ma) m\u00e9rite aussi l\u2019attention du cin\u00e9phile.<\/li>\n<\/ol>\n<p><b>&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; 100 ans de Cin\u00e9ma Fantastique et de Science-Fiction<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Jean-Pierre Andrevon, <i>Rouge Profond<\/i>, 2013,&nbsp; 69\u20ac<\/p>\n<p>Monumental, l\u2019ouvrage de Jean-Pierre Andrevon l\u2019est \u00e0 plusieurs titres,&nbsp; d\u2019abord par la taille et le volume (plus de mille pages,&nbsp; 2300 images, des milliers de films r\u00e9pertori\u00e9s, 4,6kg&nbsp;!), mais surtout par la prodigieuse \u00e9rudition dont il t\u00e9moigne. Cette \u00e9norme encyclop\u00e9die est d\u2019une lecture ais\u00e9e et d\u2019une approche extr\u00eamement enrichissante m\u00eame pour le n\u00e9ophyte. C\u2019est le genre de livre auquel on se r\u00e9f\u00e8re constamment d\u00e8s que le sujet de la science-fiction et du fantastique est abord\u00e9, ou pour le seul plaisir de d\u00e9couvrir des horizons nouveaux.<\/p>\n<p>Jean-Pierre Andrevon est un auteur aussi atypique que son ouvrage. Cin\u00e9aste, \u00e9crivain, auteur de bandes dessin\u00e9es, peintre, chanteur, critique de cin\u00e9ma, c\u2019est un touche \u00e0 tout p\u00e9tri de talent.Fruit de dix ann\u00e9es de travail, <b>100 ans de cin\u00e9ma fantastique et de science-fiction<\/b> n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent dans la presse cin\u00e9matographique internationale, et \u00e0 ce titre il devrait figurer dans la biblioth\u00e8que de tout cin\u00e9phile.<\/p>\n<p>Son introduction en guise de mode d\u2019emploi est un mod\u00e8le d\u2019efficacit\u00e9 et de pertinence, ainsi que le&nbsp; glossaire des termes techniques revenant le plus fr\u00e9quemment dans l\u2019ouvrage.&nbsp;<\/p>\n<p>Cette encyclop\u00e9die de plus de mille pages richement illustr\u00e9es ne laisse aucune question&nbsp; de c\u00f4t\u00e9 et aborde toutes les th\u00e9matiques propres au genre. Tout cin\u00e9phile ouvert, curieux et tol\u00e9rant devrait trouver mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion dans ce livre et une occasion unique de d\u00e9couvrir un pan souvent n\u00e9glig\u00e9 de l\u2019histoire du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><b>Maurice Pialat, peintre et cin\u00e9aste<\/b> de Serge Toubiana<\/p>\n<p><b>Haneke par Haneke<\/b>, de Michel Cieutat et Philippe Rouyer<\/p>\n<p>Les deux ouvrages suivants s\u2019int\u00e9ressent non plus \u00e0 des genres particuliers ou au cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral, mais \u00e0 deux metteurs en sc\u00e8ne qui ont marqu\u00e9 notre \u00e9poque par des \u0153uvres qui font maintenant partie du patrimoine mondial du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Serge Toubiana a dirig\u00e9 pendant une vingtaine d\u2019ann\u00e9es <b>les Cahiers du Cin\u00e9ma<\/b>, revue \u00e0 laquelle il collabore toujours et il est directeur g\u00e9n\u00e9ral de la cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise depuis 2003. Auteur de nombreux ouvrages sur le cin\u00e9ma fran\u00e7ais (entre autres sur Fran\u00e7ois Truffaut), il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 producteur \u00e0 France Culture et conseiller \u00e9ditorial sur MK2.<\/p>\n<p>Michel Cieutat, universitaire, am\u00e9ricaniste, enseignant de cin\u00e9ma \u00e0 Strasbourg est un collaborateur de longue date de la revue <b>Positif<\/b>. Il a publi\u00e9 de nombreux ouvrages sur le cin\u00e9ma qui t\u00e9moignent d\u2019un \u00e9clectisme et d\u2019une ouverture d\u2019esprit rares.<\/p>\n<p>Philippe Rouyer est lui aussi un des journalistes de <b>Positif<\/b>. Il collabore \u00e9galement au magazine Psychologies et intervient comme chroniqueur sur <b>France Culture<\/b> et <b>Canal + cin\u00e9ma<\/b>.<\/p>\n<p><b>Maurice Pialat, peintre et cin\u00e9aste<\/b> par Serge Toubiana (La cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise, 2013, 29\u20ac)<\/p>\n<p>Publi\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition organis\u00e9e par la Cin\u00e9math\u00e8que Fran\u00e7aise autour de l\u2019\u0153uvre picturale et cin\u00e9matographique de Maurice Pialat cet ouvrage permet de d\u00e9couvrir tout un pan souvent ignor\u00e9 du travail de ce grand cin\u00e9aste contrari\u00e9, \u00e9ternel insatisfait qui nous a laiss\u00e9 quelques-uns des films les plus singuliers et les plus bouleversants du cin\u00e9ma fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Le premier m\u00e9rite de cet ouvrage c\u2019est de nous pr\u00e9senter une cinquantaine de tableaux ou dessins de Pialat superbement reproduits qui sont autant de clefs de son univers cin\u00e9matographique. Avec beaucoup de lucidit\u00e9 et un sens certain de la formule Pialat d\u00e9clarait&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Tout est dans le regard. On disait de Monet&nbsp;, ce n\u2019est qu\u2019un \u0153il, mais quel \u0153il&nbsp;!. Je ne suis pas Monet, mais je pense que j\u2019ai un \u0153il. Un film c\u2019est toujours mon regard.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Les grands th\u00e8mes qui structurent l\u2019\u0153uvre&nbsp; de Pialat, les moments et les rencontres (avec G\u00e9rard Depardieu entre autres) qui ont fa\u00e7onn\u00e9 sa vision du monde et son travail de cin\u00e9aste sont l\u2019objet de chapitres qui permettent de mieux d\u00e9coder ses films et d\u2019en saisir toute la richesse.<\/p>\n<p>Parmi les approches rigoureuses et innovantes sur l\u2019\u0153uvre d\u2019un grand metteur en sc\u00e8ne le <b>Maurice Pialat<\/b> de Serge Toubiana m\u00e9rite assur\u00e9ment une place de choix aux c\u00f4t\u00e9s du <b>Haneke par Haneke<\/b> de Michel Cieutat et Philippe Rouyer. (Stock, 2012, 29\u20ac)<\/p>\n<p>Premier ouvrage en fran\u00e7ais consacr\u00e9 au cin\u00e9aste autrichien Michael Haneke, (<i>Le ruban blanc, Amour<\/i>) il est le fruit de la collaboration de deux critiques de<b> Positif<\/b>&nbsp; dont la complicit\u00e9 et la compl\u00e9mentarit\u00e9 sont totales. Comme son titre le souligne les auteurs, par des questions judicieuses, laissent Haneke parler de ses films et d\u00e9voiler progressivement ce qui fait l\u2019originalit\u00e9 de sa d\u00e9marche cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p>C\u2019\u2019est la radicalit\u00e9 m\u00eame du cin\u00e9aste, son gout de l\u2019abrupt , son refus du pathos qui sont \u00e0 l\u2019origine du regard ac\u00e9r\u00e9 que posent Cieutat et Rouyer sur un artiste dont le cin\u00e9ma est fond\u00e9 sur l\u2019impossibilit\u00e9 pour les personnages d\u2019exprimer leurs sentiments et qui fait de l\u2019ellipse et du hors- champ une de ses marques de fabrique.&nbsp;<\/p>\n<p>Toute la richesse et la complexit\u00e9 parfois d\u00e9routante de l\u2019univers d\u2019Haneke sont d\u00e9cortiqu\u00e9es et analys\u00e9es par le metteur en sc\u00e8ne lui-m\u00eame \u00e0 partir des questions et remarques que les deux auteurs lui soumettent. Il faut beaucoup de doigt\u00e9, de connaissances de l\u2019homme et de son cin\u00e9ma pour mener \u00e0 bien un tel projet, Michel Cieutat et Philippe Rouyer n\u2019en manquent pas, le lecteur cin\u00e9phile leur en saura&nbsp; gr\u00e8s.<\/p>\n<p><b>Splendeur du western <\/b>de Suzanne Liandrat-Guigues et Jean-Louis Leutrat, ( Rouge profond) 32\u20ac,5<\/p>\n<p>S\u2019il est un genre qui incarne et symbolise le cin\u00e9ma am\u00e9ricain c\u2019est bien le Western. Depuis plus d\u2019un si\u00e8cle (le premier classique <i>The Great Train<\/i> <i>Robbery\/le vol du grand rapide<\/i> remonte \u00e0 1903) il est pr\u00e9sent sur nos \u00e9crans m\u00eame s\u2019il a failli disparaitre \u00e0 plusieurs reprises. On assiste m\u00eame en ce d\u00e9but de XXI\u00e9me si\u00e8cle \u00e0 une certaine renaissance du genre, parfois m\u00eame en dehors des Etats Unis (en Australie en particulier)<\/p>\n<p>Dans le chapitre intitul\u00e9<i> Totems<\/i>, les auteurs se livrent \u00e0 une analyse d\u00e9taill\u00e9e de deux des plus grands films de l\u2019histoire du genre&nbsp;: <i>La rivi\u00e8re rouge<\/i> de Raoul Walsh et <i>La prisonni\u00e8re du d\u00e9sert<\/i> de John Ford. Ceux qui n\u2019aiment pas le western ou plut\u00f4t croient ne pas l\u2019aimer feraient bien de lire ces pages lumineuses qui \u00e9clairent d\u2019un jour nouveau ces \u0153uvres dont la beaut\u00e9 plastique et la profondeur psychologique ne cessent de surprendre. Tous les chapitres abordent \u00e9galement d\u2019une mani\u00e8re profond\u00e9ment originale la th\u00e9matique et l\u2019histoire du western, ainsi que&nbsp; les hommes (acteurs et metteurs en sc\u00e8ne) qui ont fait \u00e9voluer ce genre embl\u00e9matique en lui permettant de se renouveler sans cesse.<\/p>\n<p>La maestria avec laquelle les deux auteurs embrassent tout le champ historique du western passant des grands acteurs du muet \u00e0 ceux du parlant, soulignant les points de convergence entre ce genre cin\u00e9matographique et la litt\u00e9rature, la peinture et la musique t\u00e9moignent d\u2019une originalit\u00e9 et d\u2019une fraicheur de vue rares.<\/p>\n<p>&nbsp;De m\u00eame, la fa\u00e7on qu\u2019ils ont d\u2019aborder l\u2019empreinte laiss\u00e9e par les metteurs en sc\u00e8ne qui ont donn\u00e9 au genre ses lettres de noblesse m\u00e9rite la plus grande attention.<i> Tumbleweeds<\/i> la troisi\u00e8me partie de cette longue \u00e9tude totalement atypique analyse avec beaucoup de finesse et de justesse les films marquants des trois ou quatre derni\u00e8res d\u00e9cennies et ce qui les rend passionnant pour quiconque s\u2019int\u00e9resse aux tensions et contradictions qui marquent l\u2019histoire am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Cet ouvrage est aussi un des&nbsp; derniers sign\u00e9 par Jean-Louis Leutrat avant sa disparition en 2011. Nous aimerions ici rendre un hommage \u00e0 cet universitaire brillant et \u00e9clectique dont l\u2019\u0153uvre critique t\u00e9moigne d\u2019une formidable ouverture d\u2019esprit et d\u2019une curiosit\u00e9 intellectuelle jamais en d\u00e9faut.<\/p>\n<hr>\n<p>t\u00e9l\u00e9charger la fiche&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/ouvrages-de-base-sur-le-cin\u00e9ma.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1599\" src=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf-297x300.png\" alt=\"\" width=\"64\" height=\"65\" srcset=\"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf-297x300.png 297w, https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf-150x150.png 150w, https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/pdf.png 507w\" sizes=\"auto, (max-width: 64px) 100vw, 64px\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;De quelques ouvrages de base sur le septi\u00e8me art Jean-Jacques Sadoux<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1618","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contributions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1618","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1618"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1618\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1621,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1618\/revisions\/1621"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}