{"id":2089,"date":"2021-06-28T13:30:00","date_gmt":"2021-06-28T12:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=2089"},"modified":"2022-09-02T14:42:05","modified_gmt":"2022-09-02T13:42:05","slug":"le-reptile-mardi-29-mars","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=2089","title":{"rendered":"Le reptile &#8211; mardi 29 mars"},"content":{"rendered":"\n<p>Le Reptile &#8211; 1970 &#8211; 2h de\u00a0<em>Joseph Mankiewicz<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec Kirk Douglas, Henri Fonda, Robert Benton..<\/p>\n\n\n\n<p>Un faux western qui n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 pour Mankiewicz qu&rsquo;une occasion de mystifier sans cesse le spectateur par un renversement constant des valeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Un film jubilatoire, m\u00eame si l&rsquo;insolence du r\u00e9cit donne une image peu flatteuse du genre humain!<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Pr\u00e9sent\u00e9 par Claude Franza<\/em><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong><em>Le Reptile&nbsp;<\/em><\/strong>(titre original en&nbsp;anglais&nbsp;:&nbsp;<em>There Was a Crooked Man&#8230;<\/em>) est un&nbsp;western&nbsp;am\u00e9ricain de&nbsp;Joseph L. Mankiewicz&nbsp;sorti en&nbsp;1970.Paris Pitman Jr. vole 500 000 dollars \u00e0 un riche propri\u00e9taire et les cache dans une fosse de serpents \u00e0 sonnettes. Il est arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9 dans une forteresse en plein d\u00e9sert de l&rsquo;Arizona. L\u00e0, il se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec d&rsquo;autres d\u00e9tenus et en devient le meneur. Le directeur de la prison essaye de s&rsquo;en faire un alli\u00e9 pour am\u00e9liorer le sort&nbsp;des prisonniers, mais Pitman a d&rsquo;autres id\u00e9es en t\u00eate&#8230;<img decoding=\"async\" src=\"blob:http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/36f56e87-12e0-48ab-b710-52f83024b0b1\" alt=\"page1image3777552\" width=\"38.040000\" height=\"0.840000\"><\/td><\/tr><tr><td>Kirk Douglas&nbsp;: Paris Pitman Jr.;&nbsp;Henry Fonda&nbsp;: Woodward Loperman&nbsp;Hume Cronyn&nbsp;: Dudley Whinner;&nbsp;Burgess Meredith&nbsp;: &lsquo;Missouri Kid&rsquo;<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0tout \u00e7a, c&rsquo;est une duperie depuis A jusqu&rsquo;\u00e0 Z\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td>Une grande partie de la filmographie de Mankiewicz tourne autour du th\u00e8me de la manipulation et de la domination. Avoir le dessus, transformer les autres en esclaves, les manipuler \u00e0 sa guise, voil\u00e0 le but de la vie des personnages du cin\u00e9aste. Voir Cleopatre obliger C\u00e9sar \u00e0 s&rsquo;agenouiller devant elle. Voir Eve vampiriser Margo Channing pour prendre sa place. Le conflit entre Brutus et Marc Antoine pour la succession de C\u00e9sar. Katharine Hepburn voulant imposer sa volont\u00e9 au m\u00e9decin Montmgomery Clift au sujet de la patiente Elizabeth Taylor. Et le reste : bon nombre de films du cin\u00e9aste britannique sont des variantes autour de la domination d&rsquo;un personnage par un autre, ou de la prise de pouvoir de quelqu&rsquo;un.<br>Le Reptile s&rsquo;inscrit en plein dans cette th\u00e9matique. La manipulation d&rsquo;abord : tout le monde ment. Aux c\u00f4t\u00e9s de Pitman, parmi les autres prisonniers, on trouve un duo d&rsquo;arnaqueurs dont l&rsquo;un se faisait passer pour un sourd-muet pour soutirer de l&rsquo;argent \u00e0 d&rsquo;\u00e9ventuels g\u00e9n\u00e9reux donateurs. Et ainsi, m\u00eame les personnages que l&rsquo;on croirait s\u00e9rieux se r\u00e9v\u00e8lent, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre,<\/td><\/tr><tr><td>avoir menti d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre<br>Manipuler pour pouvoir s&rsquo;\u00e9vader. Manipuler pour prendre possession du tr\u00e9sor cach\u00e9. Ce sont les deux motifs principaux. Mais, en filigrane, il y a une question de pouvoir. Comme souvent chez Mankiewicz, Le Reptile est un film politique qui se cache derri\u00e8re des apparences divertissantes (l\u00e0 aussi, la manipulation n&rsquo;est pas loin, et le cin\u00e9aste \u00e9tait un grand illusionniste).Le pouvoir donc. Prendre le pouvoir, dominer les autres. Apr\u00e8s le d\u00e9part d&rsquo;un directeur de la prison, Lopeman (Henry Fonda) est nomm\u00e9 \u00e0 ce poste. Et il arrive avec ses id\u00e9es progressistes, du genre \u00ab\u00a0redonner le go\u00fbt du travail honn\u00eate\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0d\u00e9velopper la confiance en soi et la fiert\u00e9 personnelle\u00a0\u00bb, et patati et patata. Mais surtout commence alors le grand moment du film, un face-\u00e0- face entre Pitman et Lopeman pour savoir qui dirige la prison.<br>Les acteurs sont excellents et les personnages sont bien foutus. La r\u00e9alisation est discr\u00e8te mais solide, le rythme est ma\u00eetris\u00e9 : c&rsquo;est un tr\u00e8s bon film. Et surtout, il y a la marque Mankiewivz, un cynisme jouissif, des dialogues r\u00e9jouissants, un excellent final. L&rsquo;avant-dernier film du cin\u00e9aste (avant Le Limier) est un r\u00e9gal un peu oubli\u00e9 de nos jours, \u00e0 re-d\u00e9couvrir.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Sur la trame classique d\u2019une tentative d\u2019\u00e9vasion dans un p\u00e9nitencier, avec constitution d\u2019une \u00e9quipe, magot planqu\u00e9 et rivalit\u00e9 avec l\u2019institution, Le&nbsp;Reptile commence \u00e0 se distinguer par son appartenance \u00e0 une nouvelle \u00e8re,&nbsp;celle des 70\u2019s. Plus explicite, plus sordide, le film ne s\u2019embarrasse plus d\u2019un&nbsp;langage poliss\u00e9 ; les hommes rustres, les femmes chaudes et arm\u00e9es et&nbsp;m\u00eame un couple gay dressent le portait satirique d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sans fard. L\u2019atmosph\u00e8re assez proche d\u2019un Peckinpah pour son cynisme ou d\u2019un Leone pour son humour \u00e9tonne vraiment pour un film de Mankiewicz, surtout&nbsp;lorsqu\u2019on consid\u00e8re certaines sc\u00e8nes de com\u00e9die un peu bouffonne, de&nbsp;baston g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 coup de poulet ou de bains forc\u00e9s plus proches de Bud&nbsp;Spencer que d\u2019Ava Gardner.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film est&nbsp;l\u2019occasion d\u2019un beau duel au sommet entre Fonda et Douglas, le&nbsp;patriarche h\u00e9ritier potentiel du western classique face au h\u00e9ros non moins conventionnel du grand film hollywoodien, ici retourn\u00e9s comme des gants. Si Fonda reste longtemps fid\u00e8le au mod\u00e8le, la raclure que compose son comparse est proprement jubilatoire, d\u00e9nu\u00e9e de toute morale et obnubil\u00e9 par son propre int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Car le v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat du film est bien l\u00e0 : tisser des fils narratifs grossiers&nbsp;pour mieux les d\u00e9chiqueter. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019ambition humaniste de Fonda, directeur de prison soucieux de r\u00e9ins\u00e9rer ses d\u00e9tenus en humanisant leur&nbsp;structure. De l\u2019autre, la solidarit\u00e9 du groupe des candidats \u00e0 l\u2019\u00e9vasion, chacun ayant sa sp\u00e9cialit\u00e9 et l\u2019union faisant la force. Le dilemme de Douglas, \u00e0 leur&nbsp;t\u00eate, est qu\u2019il devient simultan\u00e9ment le leader du projet du directeur, qui voit s\u2019\u00e9panouir sa petite communaut\u00e9 utopique.<\/p>\n\n\n\n<p>La malice acerbe du r\u00e9cit consiste \u00e0 laisser germer ces ressorts et conduire le spectateur vers une convenance morale que le dernier tiers du film (un brin long et mou dans sa premi\u00e8re partie) va totalement d\u00e9vaster. Envol\u00e9es, les&nbsp;bonnes r\u00e9solutions, l\u2019amiti\u00e9 et les \u00e9bauches d\u2019une civilit\u00e9 nouvelle : on flingue, on trahit, on renie des principes qui semblaient solides comme le roc, et l\u2019on s\u2019enfonce avec jubilation dans la fosse aux serpents.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc sur le mod\u00e8le d\u2019un film d\u2019action plut\u00f4t d\u00e9complex\u00e9 que Mankiewicz choisit, pour son avant dernier film, de distiller un fiel qui n\u2019a jamais quitt\u00e9 sa&nbsp;filmographie : avant le duel \u00e9touffant du&nbsp;Limier, c\u2019est assez d\u00e9concertant pour s\u00e9duire, m\u00eame si l\u2019on est assez loin du panache de son \u0153uvre pass\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>SENS CRITIQUE&nbsp;par Sergent Pepper le 13 octobre 2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Reptile &#8211; 1970 &#8211; 2h de\u00a0Joseph Mankiewicz Avec Kirk Douglas, Henri Fonda, Robert Benton.. Un faux western qui n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 pour Mankiewicz qu&rsquo;une occasion de mystifier sans cesse le spectateur par un renversement constant des valeurs. Un film jubilatoire, m\u00eame si l&rsquo;insolence du r\u00e9cit donne une image peu flatteuse du genre humain! 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