{"id":705,"date":"2014-01-16T15:09:52","date_gmt":"2014-01-16T14:09:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=705"},"modified":"2014-03-26T16:20:45","modified_gmt":"2014-03-26T15:20:45","slug":"la-femme-dans-le-western-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=705","title":{"rendered":"La femme dans le Western"},"content":{"rendered":"<p>Jean-Jacques Sadoux<\/p>\n<p><!--more-->La femme dans le Western<\/p>\n<p>\u00ab On ajoute toujours une femme dans la ballade parce que, sans femme le Western ne marcherait pas \u00bb<br \/>\n Anthony Mann<br \/>\n\u00ab M\u00eame dans un chef d\u2019\u0153uvre comme OK Corral, la pr\u00e9sence d\u2019une femme \u2013 en l\u2019occurrence Rhonda Fleming- arr\u00eate l\u2019action, coupe le rythme. Dans le d\u00e9sert, le probl\u00e8me essentiel, c\u2019est survivre. La femme est un obstacle \u00e0 la survie ! Le plus souvent, non seulement elle bloque l\u2019histoire, mais elle n\u2019a ni \u00e9paisseur ni r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est un symbole. Sa vraie place est \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan.<br \/>\n Sergio Leone<br \/>\nLa femme de Western, dont on a rien su dire, s\u2019offre \u00e0 l\u2019\u0153il \u00e9bloui dans le statut multiple de son ambigu\u00eft\u00e9.<br \/>\nRaymond Bellour,   Le Western, 10\/18, Union G\u00e9n\u00e9rale d\u2019Editions, 1966)<br \/>\nLorsqu\u2019on envisage dans sa totalit\u00e9 l\u2019univers f\u00e9minin du Western, on est frapp\u00e9 par la diversit\u00e9 qui s\u2019y manifeste.<br \/>\nJean-Louis Leutrat, Le Western, Armand Colin, 1973)<br \/>\n\u00ab Une femme c\u2019est un dr\u00f4le de handicap pour un homme \u00bb.<br \/>\nRichard Widmark dans The Law and Jack Wade (Le Tr\u00e9sor du Pendu) John Sturges<br \/>\nLa femme dans le Western est en puissance le personnage dont la symbolique v\u00e9hicule les th\u00e8mes les plus essentiels et les plus significatifs de la civilisation d\u2019outre-Atlantique. A la vue de la femme westernienne, les spectateurs se voient rappeler les bases m\u00eames de l\u2019id\u00e9ologie biblico-jeffersonienne. Ils peuvent communier avec la nature et ressentir la symbiose parfaite du pass\u00e9 (la femme est gardienne des valeurs ancestrales), du pr\u00e9sent (elle est amour et joie de vivre) et du futur (elle est source de toute procr\u00e9ation). Un film comme Convoi de femmes a tr\u00e8s bien synth\u00e9tis\u00e9 toutes ces caract\u00e9ristiques, confiant \u00e0 la femme du Western l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019Am\u00e9rique.<br \/>\n\tMichel Cieutat, La femme dans le Western ou la star anonyme, Cin\u00e9maction # 86, 1998<br \/>\nCe qui est important c\u2019est ce que l\u2019h\u00e9ro\u00efne a provoqu\u00e9 ou bien ce qu\u2019elle repr\u00e9sente. C\u2019est elle, ou mieux l\u2019amour ou la peur qu\u2019elle inspire au h\u00e9ros, ou encore le souci qu\u2019elle a d\u2019elle, et qui l\u2019a fait agir d\u2019une certaine mani\u00e8re. La femme elle-m\u00eame n\u2019a pas la moindre importance.<br \/>\nBud Boetticher (metteur en sc\u00e8ne de Weste<\/p>\n<p>                      Cin\u00e9club du Belv\u00e9d\u00e8re Saint Martin d\u2019Uriage<br \/>\n                                     Cycle Western<br \/>\n                              Mardi 11 F\u00e9vrier 2014<br \/>\nWestward the Women (Convoi de Femmes) William Wellman 1951<br \/>\nEstim\u00e9 aujourd\u2019hui pour la suret\u00e9 de sa maitrise technique autant que pour la sinc\u00e9rit\u00e9 de son inspiration, W.A. Wellman montra envers le western une sollicitude qui s\u2019exprima toujours avec une grande probit\u00e9 : The Ox-bow incident (1943), Buffalo Bill (1944), La ville abandonn\u00e9e (1948), Au-dela du Missouri  et Convoi de femmes (1951) en t\u00e9moignent assez. Chez lui, et par lui, le genre ne demeura pas fig\u00e9 dans la tradition, puisque, \u00e0 partir de celle-ci, il s\u2019effor\u00e7a de le doter d\u2019une port\u00e9e nouvelle qui, au lendemain de la guerre, le fit consid\u00e9rer comme l\u2019un des repr\u00e9sentants les plus accomplis du \u00ab sur-western \u00bb, c\u2019est \u00e0 dire d\u2019un western plus \u00e9volu\u00e9 quant \u00e0 l\u2019\u00e9tude des personnages, et \u00e0 la mise en sc\u00e8ne.<br \/>\nJean-Louis Rieupeyrout, La Grande aventure du western, Cerf, 1964<br \/>\nWellman n\u2019a pas connu la gloire de certains grands du western : il n\u2019est ni Ford, ni m\u00eame Sturges. Mais alors que ces deux r\u00e9alisateurs, pour ne citer qu\u2019eux, n\u2019ont pas sign\u00e9 que de grands films (il y a de mauvais Ford et de mauvais Sturges), les cinq westerns de Wellman sont tous int\u00e9ressants : de l\u2019\u0153uvre psychologique. en passant par la peinture mysogine d\u2019une civilisation balbutiante \u2026 ou la biographie sans aucun lyrisme de mauvais aloi, Wellman t\u00e9moigne de sobri\u00e9t\u00e9, de mesure, s\u2019effa\u00e7ant toujours derri\u00e8re le th\u00e8me et les personnages\u2026 Il n\u2019est pas l\u2019homme du morceau de bravoure et c\u2019est en cela que son \u0153uvre \u00ab western \u00bb t\u00e9moigne peut \u00eatre beaucoup plus que tant d\u2019autres de l\u2019esprit m\u00eame de l\u2019Ouest, sans que cela lui \u00f4te le gout d\u2019un certain  paysage aride et d\u2019une duret\u00e9 des \u00eatres et des choses.<br \/>\nGuy Allombert, Le Western, Union G\u00e9n\u00e9rale d\u2019Editions, 1966<br \/>\nDr\u00f4le de Western f\u00e9ministe mais tr\u00e8s classique, concentr\u00e9 du style de Wellman, le soin des cadrages (certains avec personnage en contre-plong\u00e9e et profondeur de champ, pourraient \u00eatre tir\u00e9s d\u2019un film sovi\u00e9tique), le gout des ellipses (l\u2019attaque des Indiens est juste sugg\u00e9r\u00e9e par la bande-son), l\u2019intelligence de la mise en sc\u00e8ne et un humanisme qui aur\u00e9ole chaque plan.<br \/>\nAnne Dessuart, T\u00e9l\u00e9rama, 10\/11\/2O12<br \/>\nQuel plaisir en revanche de revoir un film qu\u2019on a ador\u00e9 \u00e0 18 ans et de constater qu\u2019il est encore meilleur que dans votre souvenir. C\u2019est le cas de Westward the Women (Convoi de Femmes). Il s\u2019agit d\u2019un des chefs d\u2019\u0153uvre de Wellman et du western. Il prend le contre-pied d\u2019une des audaces d\u2019Ox-Bow Incident. A la quasi-absence de femmes, il substitue au contraire une pl\u00e9thore de personnages f\u00e9minins d\u00e9crits avec le minimum de sentimentalisme, r\u00e9duit de mani\u00e8re drastique le r\u00f4le des hommes, \u00e0 l\u2019exception de John McIntire, excellent, du savoureux personnage du cuisinier japonais et de Robert Taylor. Ce dernier est utilis\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s convaincante (ses plans de r\u00e9action quand il d\u00e9couvre les femmes sont cadr\u00e9s avec une grande intelligence). On retrouve magnifi\u00e9e, toutes les qualit\u00e9s de Wellman, &#8211; ton d\u00e9pouill\u00e9, direction d\u2019acteurs et d\u2019actrices extr\u00eamement sobre ( Denise Darcel, tr\u00e8s sensuelle, est excellente tout comme la gigantesque Hope Emerson), travail impressionnant sur les paysages \u2013 toutes les figures stylistiques ou narratives qui portent sa marque : longs travellings qui suivent les deux cavaliers de dos, plong\u00e9es spectaculaires. J\u2019avais gard\u00e9 depuis la premi\u00e8re vision, un souvenir vivace des plus beaux plans et de certaines s\u00e9quences : les survivantes lan\u00e7ant les noms des femmes qui ont p\u00e9ri, noms que l\u2019\u00e9cho reprend, la mort d\u2019un enfant film\u00e9 de fa\u00e7on foudroyante. J\u2019ai red\u00e9couvert des moments comme cet accouchement dans un chariot que les femmes soutiennent. S\u00e9quence ultra wellmanienne montrant que l\u2019individu doit se fondre dans la collectivit\u00e9. L\u2019action est souvent trait\u00e9e hors champ : une bagarre tr\u00e8s importante est au trois quarts occult\u00e9e derri\u00e8re des chariots, des obstacles divers ; l\u2019attaque des Indiens qu\u2019on attend depuis le d\u00e9but se d\u00e9roule hors champ. Robert Taylor et Denise Darcel l\u2019entendent mais arrivent trop tard. Wellman privil\u00e9gie, ici comme ailleurs, les cons\u00e9quences d\u2019une action : ces panoramiques qui recadrent les femmes qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es. Et, cerise sur le g\u00e2teau, ce western b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une absence quasi-totale de musique, d\u00e9cision \u00e9vidente de metteur en sc\u00e8ne.<br \/>\nBertrand Tavernier, DVDBlog, 14\/10\/2009<br \/>\nC\u2019est aussi l\u2019un des m\u00e9rites de Convoi de femmes d\u2019accorder \u00e9troitement les personnages et le d\u00e9cor naturel. . . Les contrastes du noir et blanc jouent ici au mieux des donn\u00e9es aust\u00e8res d\u2019un sujet d\u00e9nu\u00e9 de s\u00e9duction \u2026 Chez Wellman  le groupe porte en lui-m\u00eame son destin. Les incidents ne sont pas sollicit\u00e9s pour eux-m\u00eames mais bien pour l\u2019incidence qu\u2019ils ont sur la collectivit\u00e9, objet de l\u2019\u00e9tude ; le drame nait ici du jeu des forces internes : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 Butch et les hommes, de l\u2019autre les femmes.<br \/>\nJean-Louis Rieupeyrout, , Wellman, ou la probit\u00e9 du western , Positif  # 8, juin 1953<br \/>\nUn des rares films \u00e0 pr\u00e9senter une communaut\u00e9 de femmes d\u2019une mani\u00e8re positive. C\u2019est presque un catalogue des clich\u00e9s traditionnels sur les femmes d\u00e9nonc\u00e9s par la repr\u00e9sentation cin\u00e9matographique \u2026quand on cr\u00e9e une version f\u00e9minine d\u2019un genre masculin ce qu\u2019on associe au monde de la femme (essentiellement les questions de l\u2019amour, des idylles amoureuses, du mariage, du sexe, du viol et de l\u2019accouchement) doit \u00eatre , d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, r\u00e9concili\u00e9 avec le film masculin.<br \/>\nJeanine Basinger, historienne du cin\u00e9ma am\u00e9ricain<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Jacques Sadoux<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-705","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contributions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/705","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=705"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/705\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":709,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/705\/revisions\/709"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=705"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=705"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=705"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}