{"id":713,"date":"2014-01-31T10:59:18","date_gmt":"2014-01-31T09:59:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=713"},"modified":"2014-01-31T11:00:08","modified_gmt":"2014-01-31T10:00:08","slug":"a-propos-de-laurel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=713","title":{"rendered":"A propos de Laurel"},"content":{"rendered":"<p>Jean-Jacques Sadoux<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><b><span style=\"font-size: large;\">A propos de Laurel &amp; Hardy <\/span><\/b><\/p>\n<p>La contradiction interne et le mythe de l\u2019indien<\/p>\n<p><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">En \u00e9tudiant leurs rapports avec l\u2019aide du mythe, nous verrons comment Stan repr\u00e9sente le \u00ab sauvage \u00bb, la force de la nature pr\u00e9sente en chacun d\u2019entre nous et qui, apr\u00e8s des ann\u00e9es et des ann\u00e9es de culture et d\u2019\u00e9ducation forc\u00e9e, ne transparait que rarement. Pour cette raison nous comprenons parfaitement Ollie quand il pr\u00e9f\u00e8re toujours la compagnie du sauvage \u00e0 celle de sa femme. Tout cela co\u00efncide parfaitement dans les sch\u00e9mas les plus typiques du monde et du roman am\u00e9ricain. Dans <\/span><\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">The return of the vanishing American <\/span><\/span><\/i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">(Le retour de la peau rouge, 1968) Leslie A. Fiedler explique avec passion les principaux mythes am\u00e9ricains qui seront \u00e0 la base de quasiment toute la production litt\u00e9raire (et cin\u00e9matographique) depuis le 18\u00e9me si\u00e8cle. Il divise la litt\u00e9rature du Nouveau Monde en quatre cat\u00e9gories : celle du Nord ou de l\u2019homme solitaire contre la nature, celle de l\u2019Est ou des rapports entre l\u2019Am\u00e9rique et l\u2019Europe, celle du Sud ou les drames de la vieille demeure en ruines, et celle de l\u2019Ouest ou de l\u2019aventure de la rencontre avec les indiens. Nous devrions dire tout de suite que les films de Laurel &amp; Hardy se rattachent aux mythes du Sud et de l\u2019Est pour l\u2019origine de leurs personnages, mais sont toujours dirig\u00e9s vers l\u2019Ouest. <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">[ \u2026] Et l\u2019Ouest sauvage, o\u00f9 comme par hasard se trouve Hollywood, se caract\u00e9rise par quatre mythes fondamentaux selon Fiedler Rappelons les : 1) <\/span><\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">l\u2019amour dans la for\u00eat <\/span><\/span><\/i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">qui parle des rapports d\u2019un blanc et d\u2019une indienne, 2) <\/span><\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">la femme blanche au tomahawk <\/span><\/span><\/i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une certaine Hannah Duston qui parvint \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la captivit\u00e9 dans un village indien apr\u00e8s avoir tu\u00e9 ses ravisseurs, 3) <\/span><\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">les bons compagnons en terre sauvage <\/span><\/span><\/i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">avec le chasseur blanc Natty Bumppo et l\u2019indien Chingachgook dans les r\u00e9cits de Fenimore Cooper, et enfin 4) <\/span><\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">le male fugitif <\/span><\/span><\/i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">, repr\u00e9sent\u00e9 par le personnage de Rip Van Winkle de Washington Irving, l\u2019homme qui dort pendant vingt ans et \u00e0 son r\u00e9veil d\u00e9couvre sa femme morte. Dans les films de Laurel &amp; Hardy il n\u2019est pas difficile de retrouver ces quatre mythes plus ou moins m\u00eal\u00e9s et combin\u00e9s avec les th\u00e9matiques de l\u2019Est et du Sud comme on l\u2019a vu avant. La justesse de la th\u00e8se de Fiedler se v\u00e9rifie plusieurs fois. La femme arm\u00e9e d\u2019une hache, la blanche forte et autoritaire nous la d\u00e9couvrons dans chaque \u00e9pouse insupportable que ce soit celle de Stan ou d\u2019Ollie \u2026 Nous pouvons \u00e9galement parler du mythe du Sud au sujet des histoires gothiques dans des maisons myst\u00e9rieuses \u2026 ou de situations typiquement sudistes \u2026 comme du mythe de l\u2019Est avec les fr\u00e9quents retours des deux h\u00e9ros vers la vieille Europe\u2026 Les deux mythes qui nous sont les plus chers sont cependant les deux derniers (3 et 4) \u2026 Qui sera en fait le nouveau Rip Van Winkle si ce n\u2019est notre cher Ollie, le Wasp blanc fugueur et \u00e0 la recherche d\u2019aventures ? Et les deux amis en terre sauvage seront vraiment Laurel et Hardy, avec Stan jouant le r\u00f4le de l\u2019indien Chingachgook \u2026 <\/span><\/span><\/p>\n<p>De toute fa\u00e7on leur fuite r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e du monde des \u00e9pouses, leur besoin de se cr\u00e9er une nouvelle vie bas\u00e9e sur le rapport d\u2019amiti\u00e9, avec m\u00eame quelques implications sexuelles, appartient totalement au type de mythologie que nous avons observ\u00e9e. Si Stan<\/p>\n<p>repr\u00e9sente l\u2019am\u00e9ricain qui disparait dans une soci\u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la brutalit\u00e9 comme celle de leurs films, et Ollie le blanc \u00e0 la recherche d\u2019espaces vierges, ils seront en couple encore plus contradictoires et sauvages dans leur dialectique continue de caract\u00e8res et de personnages. Ils donneront vie \u00e0 un nouveau type de citadins am\u00e9ricains, vieux et neufs en m\u00eame temps, h\u00e9ritages de tous et pourtant constamment en conflit avec la soci\u00e9t\u00e9 qui refuse un tel degr\u00e9 de libert\u00e9 et de sinc\u00e9rit\u00e9. Pour toutes ces raisons nous ne pouvons pas ne pas voir chez Stan et Ollie deux personnages \u00e0 la fois forts et mythiques qui, en d\u00e9pit de tous et de toutes, avec leurs racines dans des cultures anciennes et modernes, affirment ces valeurs d\u2019amiti\u00e9, de libert\u00e9, d\u2019aventure et d\u2019amour que beaucoup d\u2019entre nous, indiens de coeur, souhaiterions toujours victorieuses .<\/p>\n<p><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">Marco Giusti, <\/span><\/span><b><span style=\"font-size: medium;\">Laurel &amp; Hardy<\/span><\/b><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">, Il castoro cinema, La Nuova Italia, Firenze, settembre 1978 <\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Jacques Sadoux<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-713","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contributions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/713","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=713"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/713\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":717,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/713\/revisions\/717"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=713"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=713"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=713"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}