{"id":843,"date":"2014-10-23T12:44:44","date_gmt":"2014-10-23T11:44:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=843"},"modified":"2015-03-21T18:32:23","modified_gmt":"2015-03-21T17:32:23","slug":"un-condamne-a-mort-sest-echappe-10-mars-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=843","title":{"rendered":"Un condamn\u00e9 \u00e0 mort s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9       10-mars-2015"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-849\" alt=\"Un condamn\u00e9 \u00e0 mort s'est \u00e9chapp\u00e9 affiche\" src=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Un-condamn\u00e9-\u00e0-mort-sest-\u00e9chapp\u00e9-affiche.jpg\" width=\"200\" height=\"271\" \/>Pr\u00e9sent\u00e9 par MICHEL CIEUTAT , critique et grand connaisseur de Robert Bresson<\/p>\n<p>1957<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s le livre de <a title=\"Andr\u00e9 Devigny\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Andr%C3%A9_Devigny\">Andr\u00e9 Devigny<\/a>\u00a0\u00ab\u00a0Le vent souffle o\u00f9 il veut\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avec Fran\u00e7ois Leterrier<\/p>\n<p>Prix de la mise en sc\u00e8ne au <a title=\"Festival de Cannes\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Festival_de_Cannes\">Festival de Cannes<\/a> en 1957<\/p>\n<p>                                Robert Bresson (1901-1999)<\/p>\n<p>\u00ab  Ce que je cherche, ce n\u2019est pas tant l\u2019expression par les gestes, la parole, la mimique, mais c\u2019est l\u2019expression par le rythme et la combinaison des images, par la position, la relation et le nombre. La valeur d\u2019une image doit \u00eatre avant tout une valeur d\u2019\u00e9change \u00bb.<br \/>\nRobert Bresson<br \/>\nCin\u00e9ma exigeant, hautain, soucieux d\u2019une forme lib\u00e9r\u00e9e des codes narratifs forg\u00e9s au d\u00e9but du parlant, imposant \u00e0 ses acteurs, dont il souhaite qu\u2019ils n\u2019aient eu aucune activit\u00e9 de com\u00e9dien avant de le rencontrer, une atonie apparente qui irrite ou fascine, et qui rend aux objets, \u00e0 la lumi\u00e8re, aux sons (aux bruits) une intensit\u00e9 dramatique in\u00e9dite.<br \/>\nJean-Pierre Jeancolas, Histoire du Cin\u00e9ma Fran\u00e7ais, Nathan Universit\u00e9, 1995<\/p>\n<p>\tSi Renoir est le \u00ab patron \u00bb du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, Bresson en est l\u2019inquisiteur. D\u2019o\u00f9 la difficult\u00e9 de se r\u00e9clamer de lui \u2026 d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019est forc\u00e9 une langue trop personnelle pour \u00eatre plagi\u00e9e. Car quand on aura dit que son cin\u00e9ma (Bresson pr\u00e9f\u00e8re parler de  \u00ab cin\u00e9matographe \u00bb afin d\u2019insister sur l\u2019\u00e9criture sp\u00e9cifique des images) s\u2019est refus\u00e9 les \u00ab les moyens du th\u00e9\u00e2tre \u00bb (acteurs r\u00e9duits \u00e0 l\u2019\u00e9tat de r\u00e9citants \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une sc\u00e8ne que la cam\u00e9ra enregistre froidement), on n\u2019aura pas dit grand-chose.<br \/>\nL\u2019ABCdaire du Cin\u00e9ma fran\u00e7ais, Flammarion, 1995<\/p>\n<p>Filmographie s\u00e9lective : Les anges du p\u00e9ch\u00e9 (1943), Les dames du bois de Boulogne (1945), Le journal d\u2019un cur\u00e9 de campagne 1951), Pickpocket (1959), Le proc\u00e8s de Jeanne d\u2019Arc (1962), Au hasard Balthazar (1966) Mouchette (1967), Une femme douce (1969), Quatre nuits d\u2019un r\u00eaveur (1971), L\u2019argent (1983)<\/p>\n<p>                     Cin\u00e9-club du Belv\u00e9d\u00e8re- Saint Martin d\u2019Uriage<br \/>\n                                             Mardi 10 mars 2015<br \/>\n         Un condamn\u00e9 \u00e0 mort s\u2019est \u00e9chapp\u00e9 de Robert Bresson (1956)<br \/>\n                   Pr\u00e9sent\u00e9 par Michel Cieutat, critique \u00e0 POSITIF<\/p>\n<p>Avec Un condamn\u00e9 \u00e0 mort s\u2019est \u00e9chapp\u00e9, Bresson r\u00e9ussit ce tour de force \u2013 non seulement de refuser les facilit\u00e9s dramatiques d\u2019un sujet \u2013l\u2019\u00e9vasion \u2013 ais\u00e9ment trait\u00e9 en western par d\u2019autres- non seulement d\u2019arriver, en refusant le suspense imm\u00e9diat, \u00e0 un suspense psychologique qui tient la salle haletante et silencieuse \u2013 mais surtout dans une \u0153uvre aussi pleinement int\u00e9rieure, \u00e0 nous nous montrer clairement ce qu\u2019est la morale d\u2019un homme d\u2019action.<br \/>\nMarcel Ranchal, Positif #20, janvier 1957<br \/>\nUne invention constante, mais nulle pr\u00e9ciosit\u00e9 dans les cadrages ou les angles de prise de vue. Bresson, comme les grands peintres, a sa touche, son trait d\u00e9celable \u00e0 sa puret\u00e9 sans s\u00e9cheresse, la douceur jamais molle de ses inflexions. Mais ce film, o\u00f9 l\u2019on vit entre quatre murs et o\u00f9 l\u2019on ne marche qu\u2019\u00e0 pas feutr\u00e9s, est un des moins statiques que je connaisse : sa beaut\u00e9 picturale doit avant tout \u00e0 la noblesse du geste ou du regard, regard \u00e0 la fois lointain et pr\u00e9cis, r\u00eaveur ou terriblement attentif, regard du h\u00e9ros en qu\u00eate d\u2019un graal mat\u00e9riel et spirituel, refus\u00e9 \u00e0 son seul d\u00e9gout, sa seule l\u00e2chet\u00e9. Ce Lancelot dont Bresson ne put r\u00e9aliser le projet, le voici enfin, plus beau encore peut \u00eatre sous le costume moderne.<br \/>\nEric Rohmer, Cahiers du cin\u00e9ma, #65, d\u00e9cembre 1956<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 c\u2019est que Bresson ne tourne aussi rarement que parce qu\u2019il m\u00e9prise le cin\u00e9ma\u2026Un condamn\u00e9 \u00e0 mort est \u00e9chapp\u00e9 est la relation d\u2019une captivit\u00e9 et d\u2019une \u00e9vasion. Sujet beau entre tous, que Bresson d\u00e9truit syst\u00e9matiquement. Il \u00e9limine un \u00e0 un tous les \u00e9l\u00e9ments d\u2019un drame qui pouvait \u00eatre passionnant.<br \/>\nAdo Kyrou , Positif,#20, Janvier 1957<br \/>\nUn mod\u00e8le de cin\u00e9ma d\u00e9pouill\u00e9. Aucune fioriture dans le r\u00e9cit extr\u00eamement minutieux de l&rsquo;\u00e9vasion d&rsquo;un r\u00e9sistant. Dans sa cellule, patiemment, le prisonnier creuse, d\u00e9blaye, tresse une corde et chacun de ses gestes acquiert une densit\u00e9 incroyable. Pour la premi\u00e8re fois de sa carri\u00e8re, Robert Bresson transforme vraiment l&rsquo;acteur en mod\u00e8le, faisant du visage impassible de Fran\u00e7ois Leterrier, un non-professionnel, un support neutre. L&rsquo;\u00e9motion ne na\u00eet plus du jeu mais de la tension entre l&rsquo;action et la voix off. Les dialogues, rares, sont remplac\u00e9s par un commentaire \u00e0 la ferveur sourde. L&rsquo;ode c\u00e9l\u00e8bre la volont\u00e9 du r\u00e9sistant, sans \u00e9luder la part de sacrifice mystique. Pour conqu\u00e9rir sa libert\u00e9, le d\u00e9tenu passe par un itin\u00e9raire &#8211; physiquement, spirituellement &#8211; tr\u00e8s sinueux&#8230; Le bonus de cette \u00e9dition DVD comporte une surprise : le t\u00e9moignage, plus de cinquante ans apr\u00e8s le tournage, en 1956, du discret Fran\u00e7ois Leterrier (devenu r\u00e9alisateur), qui raconte ce que fut cette unique et singuli\u00e8re exp\u00e9rience de com\u00e9dien. A cela s&rsquo;ajoute l&rsquo;\u00e9clairage pertinent du cin\u00e9aste Bruno Dumont (La Vie de J\u00e9sus, Hadewijch), \u00e9vident h\u00e9ritier du ma\u00eetre, mais qui prend soin de souligner, aussi, ce que Bresson devait \u00e0 d&rsquo;autres, notamment \u00e0 Carl Dreyer.<\/p>\n<p>Un condamn\u00e9 \u00e0 mort s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9, de Robert Bresson,.<\/p>\n<p>Jacques Morice<br \/>\nEn savoir plus sur http:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/un-condamne-a-mort-s-est-echappe,12659.php#gHxGzEhEpPrxEmVB.99<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sent\u00e9 par MICHEL CIEUTAT , critique et grand connaisseur de Robert Bresson 1957 D&rsquo;apr\u00e8s le livre de Andr\u00e9 Devigny\u00a0\u00ab\u00a0Le vent souffle o\u00f9 il veut\u00a0\u00bb Avec Fran\u00e7ois Leterrier Prix de la mise en sc\u00e8ne au Festival de Cannes en 1957 Robert Bresson (1901-1999) \u00ab Ce que je cherche, ce n\u2019est pas tant l\u2019expression par les gestes, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=843\">Lire plus &#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":845,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-843","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/843","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=843"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/843\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1027,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/843\/revisions\/1027"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/845"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=843"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=843"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=843"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}