{"id":967,"date":"2014-10-24T11:57:39","date_gmt":"2014-10-24T10:57:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=967"},"modified":"2015-03-21T18:32:45","modified_gmt":"2015-03-21T17:32:45","slug":"tristana","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=967","title":{"rendered":"Tristana&#8212;&#8212;25 f\u00e9vrier 2015"},"content":{"rendered":"<div><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-988\" alt=\"tristana-32386\" src=\"http:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/tristana-32386.jpg\" width=\"200\" height=\"268\" \/>De Luis Bunuel<\/div>\n<div>Ann\u00e9e : 1970<\/div>\n<div>Dur\u00e9e 105 mn<\/div>\n<div>Avec Catherine Deneuve<\/div>\n<div>Fernando Rey<\/div>\n<div>Franco Nero<\/div>\n<div>Entre fable et chronique, <i>Tristana<\/i> est un lent cauchemar, cruel, \u00e9nigmatique et silencieux. Silence bruissant de d\u00e9tails signifiants, autant de questions ouvertes qui gardent une f\u00e9conde opacit\u00e9. On effleure quelques r\u00e9ponses : le f\u00e9tichisme, avec le rite des pantoufles entre les amants ou la proth\u00e8se que porte Tristana, amput\u00e9e d&rsquo;une jambe. Le corps, tortur\u00e9, mutil\u00e9, fascinant, engonc\u00e9 dans la culpabilit\u00e9 malsaine d&rsquo;une bourgeoisie hypocrite et bigote. Bu\u00f1uel d\u00e9cline ses obsessions, comme dans <i>Viridiana, Le Journal d&rsquo;une femme de chambre, Belle de jour,<\/i> comme dans toute son oeuvre. La chair est triste ; le climat, oppressant, d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, glac\u00e9. Tristana exhibe son infirmit\u00e9, un \u00e9rotisme lourd, frelat\u00e9, capiteux corrompt subtilement chaque sc\u00e8ne. Le d\u00e9sir est puni, castr\u00e9, l&rsquo;amour est un aigre breuvage, au go\u00fbt de haine. Mais, au-del\u00e0 des classiques explications psychanalytiques ou historiques, reste le puissant malaise que le film fait na\u00eetre, myst\u00e9rieux et fertile comme le souvenir d&rsquo;un r\u00eave. \u2014 C\u00e9cile Mury<br \/>\nEn savoir plus sur http:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/tristana,6579.php#8h8lwe368bKrrGgR.99<\/div>\n<p>Cin\u00e9-club du Belv\u00e9d\u00e8re \u2013 Saint Martin d\u2019Uriage<\/p>\n<p>TRISTANA (1970) Luis Bu\u00f1uel<\/p>\n<p>Luis Bu\u00f1uel (1900-1983)<\/p>\n<p>Tous ses films d&rsquo;Un chien andalou (1928) \u00e0 Cet obscur objet du d\u00e9sir (1977) se ressentent de la triple influence d&rsquo;une \u00e9ducation catholique (qui en a fait un ath\u00e9e irr\u00e9ductible), du surr\u00e9alisme (dont il fut et demeura jusqu&rsquo;\u00e0 la fin un fervent adepte) et de la tradition hispanique litt\u00e9raire ( La C\u00e9lestine) et picturale (Goya, Zurbar\u00e1n).<br \/>\nLe pouvoir subversif de son inspiration \u00e9clata en pleine lumi\u00e8re dans L&rsquo;Age d&rsquo;or (1930), un br\u00fblot anarchiste qui d\u00e9clencha les foudres de la censure ; avec le temps il se temp\u00e9ra d&rsquo;humour ou de d\u00e9rision (La vie criminelle d&rsquo;Archibal de la cruz, 1955; L&rsquo;ange exterminateur,1962; Le charme discret de la bourgeoisie, 1972).<br \/>\nNazarin (1958) et La voie lact\u00e9e (1969) sont des satires de la religion d&rsquo;une fascinante ambigu\u00eft\u00e9 et El (1952) une d\u00e9monstration impeccable d&rsquo;un cas de schizophr\u00e9nie.<br \/>\nMais Bu\u00f1uel sait aussi \u00e0 l&rsquo;occasion d\u00e9brider les plaies \u00e0 vif d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 malade, et son message alors n&rsquo;en est que plus fort Terre sans pain (1932), Los Olvidados (1950).<br \/>\nIl a enfin bross\u00e9 des portraits de femme d&rsquo;un subtil \u00e9rotisme : La jeune fille (1960), Viridiana (1961), Belle de jour (1967), Tristana (1970).<\/p>\n<p>Sous toutes les latitudes (France, Espagne,Mexique), Bu\u00f1uel a surtout exprim\u00e9 son profond amour pour la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Critiques de Tristana<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une fois de plus, ce diable de Bu\u00f1uel a r\u00e9ussi ce qu\u2019il y a de plus difficile \u00e0 r\u00e9ussir en art : le juste \u00e9quilibre dans le m\u00e9lange des tons. Tristana m\u00eale, avec une subtilit\u00e9 qui sait offrir l\u2019aspect du naturel, la satire griffue d\u2019une bourgeoisie agonisante, hypocrite ou inconsciente (\u2026) et le tragique abrupt d\u2019une histoire assez abominable\u00a0\u00bb.<br \/>\nLe Nouvel Observateur -Jean-Louis Bory, 18\/05\/1970<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La plus virulente d\u00e9nonciation d\u2019un certain ordre bourgeois chr\u00e9tien que nous ayons vue depuis longtemps \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Mais avec une douceur infinie, une tendresse pour les personnages et un respect du monde r\u00e9el que seul un John Ford ou un Renoir ont su parfois nous faire partager\u00a0\u00bb.<br \/>\nLe Monde &#8211; Louis Marcorelles, 03\/05\/1970<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout cela, Bu\u00f1uel le montre dans un style parfaitement rigoureux, sans une image de trop, maniant les symboles avec une retenue exemplaire, profitant au maximum des d\u00e9cors admirables qu\u2019il a choisis. Catherine Deneuve est excellente, mais toute la distribution, compos\u00e9e  par ailleurs de com\u00e9diens espagnols, m\u00e9rite des \u00e9loges. A voir sans faute\u00a0\u00bb.<br \/>\nL\u2019Humanit\u00e9 &#8211; Fran\u00e7ois Maurin, 02\/05\/1970<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Autant d&rsquo;images auxquelles on pourra chercher une signification rationnelle \u00e0 inclure dans la coh\u00e9rence du film. Ou alors les recevra-t-on avec leur force d&rsquo;illogisme et de subversion surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb Andr\u00e9 Cornand.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tristana n\u2019est peut-\u00eatre pas son chef d\u2019\u0153uvre, mais, comme chaque film de Bu\u00f1uel, on n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019en rassasier. Ici, tous les mythes, tous les objets, les d\u00e9cors, les personnages que porte en lui l\u2019auteur de L\u2019Age d\u2019or reviennent comme un leitmotiv\u00a0\u00bb.<br \/>\nL\u2019Humanit\u00e9 Dimanche &#8211; Samuel Lachize, 04\/05\/1970<\/p>\n<p>Citations de Bu\u00f1uel<\/p>\n<p>Voici trois d\u00e9clarations de Bu\u00f1uel qui s&rsquo;appliquent \u00e9videmment \u00e0 l&rsquo;ensemble de l&rsquo;oeuvre mais qui peuvent &#8211; en particulier &#8211; servir pour une approche de Tristana<br \/>\n\u00ab J&rsquo;insiste pour dire que je n&rsquo;ai rien cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9montrer et que je ne me sers pas du cin\u00e9ma comme d&rsquo;une chaire d&rsquo;o\u00f9 je voudrais pr\u00eacher \u00bb.<br \/>\n\u00ab C&rsquo;est le myst\u00e8re qui m&rsquo;int\u00e9resse. Si une oeuvre est \u00e9vidente, elle est termin\u00e9e pour moi \u00bb.<br \/>\n\u00ab La morale bourgeoise est pour moi l&rsquo;immorale, contre laquelle on doit lutter, la morale fond\u00e9e sur nos tr\u00e8s injustes institutions sociales, comme la religion, la patrie, la famille, la culture, enfin ce qu&rsquo;on appelle les piliers de la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb.<br \/>\nComme on va le voir tout ce qu&rsquo;on peut dire de Tristana correspond \u00e0 ces trois citations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Luis Bunuel Ann\u00e9e : 1970 Dur\u00e9e 105 mn Avec Catherine Deneuve Fernando Rey Franco Nero Entre fable et chronique, Tristana est un lent cauchemar, cruel, \u00e9nigmatique et silencieux. Silence bruissant de d\u00e9tails signifiants, autant de questions ouvertes qui gardent une f\u00e9conde opacit\u00e9. On effleure quelques r\u00e9ponses : le f\u00e9tichisme, avec le rite des pantoufles <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/?p=967\">Lire plus &#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":969,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-967","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/967","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=967"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/967\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1028,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/967\/revisions\/1028"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/969"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=967"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=967"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cineclubdubelvedere.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=967"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}