Monsieur Smith au Sénat – 4_novembre_2014

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  • Première sortie : 19 octobre 1939 (États-Unis)
  • Réalisateur : Frank Capra
  • Durée : 129 minutes
  • Acteurs :

    James Stewart, Claude Rains, Edward Arnold, Guy Kibbee, Thomas Mitchell, Beulah Bondi.

  • Bande originale : Dimitri Tiomkin

Frank Capra (1897-1991) peut s’enorgueillir, d’une part d’avoir été l’un des rares cinéastes américains à avoir bénéficié au sein de l’industrie cinématographique hollywoodienne d’une liberté totale pour la réalisation de la plupart de ses films, au même titre qu’un Griffith ou un Chaplin (« One man, one film » comme il aimait dire) et, de l’autre, d’avoir créé un univers et une esthétique qui lui sont proches et qui sont reconnaissables entre mille ( la « Capra Touch)…
(…) Un des rares auteurs de Hollywood, il souffrit, dans les années cinquante, d’y perdre sa liberté de création, et décida de se retirer en 1961. Par sa générosité, ses doutes, et jusqu’à ses faiblesses, l’oeuvre garde aujourd’hui tout son pouvoir d’émotion, et sa profonde originalité.
Frank Capra , Michel Cieutat, Rivages, 1988
Mr Smith goes to Washington( Mr Smirh au Sénat), 1939
(…) En 1939, Capra est conscient de l’évolution idéologique de cette partie du monde dont il est originaire. La démocratie est renversée en Europe. L’Amérique a besoin de tous ses Smith pour résister. D’où le prénom qu’il ajoute à ce dernier patronyme –Jefferson – afin de mieux signaler sa croyance profonde dans les idéaux politiques américains des premiers temps ( … )
Mr Smith goes to Washington offre la gamme complète de tout ce qui constitue le style de Frank Capra : la perfection des raccords, l’accélération du jeu des comédiens (…) la variété des angles, les longs plans qui alternent avec un montage plus rapide, la priorité donnée aux plans moyens larges sur les plans rapprochés, (…) les ellipses (…), la narration raccourcie, obtenue au moyen des effets de montage, très « eisensteiniens » de Slavko Vorkapich(…) Tout cet ensemble prouve qu’à cette date si Capra n’était peut-être plus en mesure de renouveler son univers thématique, il n’en était pas pour autant incapable de perfectionner son style.
Michel Cieutat, ibid.
(…) Il reste méconnu. Beaucoup de ses films hantent nos mémoires (…) Presque oublié, toujours célèbre : curieux destin. En fait, la vie de Frank Capra ressemble à un film de Frank Capra, probablement parce que ses films ont toujours ressemblé à la vie (…)
Sous la fantaisie et l’élégance gracieuse dont il pare ses films, Capra demeure le gardien inaltérable des valeurs démocratiques. C’est sans doute pour cela que Truffaut l’a appelé le « guérisseur » Face à l’angoisse humaine, au doute, à l’inquiétude, à la lutte pour la vie quotidienne, explique Truffaut, il aura été un adversaire de la médecine officielle « et ce bon docteur était aussi un grand metteur en scène ».
Pierre Murat, Le Bon Docteur Capra, Télérama, septembre 1983
« Peut-être qu’il n’y eut jamais d’Amérique des années trente, peut-être que ce ne fut que du Frank Capra »
John Cassavettes
« Un grand homme et un grand Américain, une inspiration pour ceux qui croient au Rêve Américain ».
John Ford
Incontestablement, un grand nombre de ses films ont vieilli, marqué par une idéologie proche du boy-scoutisme, un esprit un peu prêchi-prêcha (…) Leur générosité utopique et béate est surtout irritante (…)Mais cet attendrissement facile, faussement poétique, ne constitue pas chez Capra une ficelle démagogique (…)louons d’abord la constance, la fidélité avec laquelle il s’est raccroché à son univers (…) A cette sincérité, qui parfois ne suffit pas à nous faire oublier l’exaltation du crétin moyen, s’ajoute souvent une direction d’acteurs parfaite (…)
Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon, 50 ans de Cinéma Américain, Nathan, 1991

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